Home Cinéma Now Apocalypse

Californication

© Starz

Enfant de Godard et de MTV, Gregg Araki pouvait bien prétendre au début des années 1990 au titre du plus radical des cinéastes américains indépendants. Depuis, il n’a cessé de filmer une jeunesse aussi jouisseuse qu’inquiète. Au risque du bégaiement ? Peut-être, mais Now Apocalypse n’en est pas moins délectable.

Entouré de ses sacs, un homme hagard marmonne quelques mots inquiétants. Griffonné sur un bout de carton crasseux, le message est encore plus clair : « La fin de toutes choses est imminente ». Hirsute et en guenilles, notre héros n’est autre que James Duval, l’acteur principal des premiers Araki. A l’époque de Totally Fucked Up (1993) ou de The Doom Generation (1995), l’apocalypse était une autre manière de nommer le SIDA. Aujourd’hui, la menace est plus diffuse – ou différée, car les évènements s’accélèrent en vue d’une deuxième saison. D’une génération à l’autre, un même sentiment se propage néanmoins. Et entre Duval et Avan Jogia, qui joue Ulysses, c’est bien à un passage de relais que nous assistons.

Avant la fin

En attendant que les vilains reptiles aperçus au détour d’un rêve envahissent le monde, il faut encore vivre. Chassé-croisé sexuel, Now Apocalypse explore toutes les combinaisons et positions possibles. Et ne manque pas de lâcher quelques saillies hilarantes sur la virilité blessée par l’usage des vibromasseurs ou l’impératif de la fluidité sexuelle. Mais c’est lorsqu’elle s’approche d’une forme d’innocence que la série, perçant l’armure du cynisme, se fait la plus délicate (voir ce superbe naïf qu’interprète Beau Mirchoff). Car non, personne n’a encore renoncé à l’amour ou à l’extase. Après tout, l’apocalypse ne désigne rien d’autre que le moment de la révélation.

Raphaël Nieuwjaer

Série de Gregg Araki et Karley Sciortino avec Avan Jogia, Kelli Berglund, Beau Mirchoff… Disponible sur Starz

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