Quoi ma gueuze ?

Photo Clément Chopard

Boire ou conduire, il faut choisir. Raison de plus pour embarquer dans le Brussels Beer Bus. Depuis trois ans, Benoît et Vincent Miller invitent les curieux à visiter la capitale belge en sirotant quelques bières brassées sur place, en un peu plus d’une heure. Au programme ? Découverte de monuments et de micro-brasseries iconiques, au sein d’un engin antédiluvien – histoire de se faire mousser.

Avant d’embarquer, enfonçons une porte ouverte : c’est en Belgique qu’on déguste les meilleures bibines. D’ailleurs, en décembre, le plat pays détrônait l’Allemagne pour s’imposer comme le premier exportateur européen (avec 15, 8 millions d’hectolitres). « On estime à 10 000 le nombre de marques différentes dans le monde. Un quart d’entre elles sont belges », ajoute Benoît Miller. Question gueuze, notre homme en connaît un rayon. Au point d’imaginer un étonnant parcours touristique. En mars 2016, lui et son frère Vincent ont monté le Brussels Beer Bus, une balade patrimoniale dans Bruxelles somme toute classique, à ceci près qu’elle suit un fil rouge bien précis : la bière. Rendez-vous est donné Place Royale. Nous nous installons dans une Renault Goélette 404, soit une ambulance datant de la Seconde Guerre mondiale. La dégustation a lieu… à bord.

Report_Brussels-Beer-Tour_(c)-Clément-Chopard_LM-151-(8)Les alchimistes

La première étape est programmée à Laeken, chez En Stoemelings (“en catimini” en bruxellois), tenu par Samuel et Denys. Ici tout est “fait-maison”. Ces Bruxellois appartiennent à la vague d’amateurs qui a relancé la production de jus de houblon dans la capitale. Parmi leurs créations, citons la Curieuse Neus, une belge triple à sept degrés, ou la Chick Madame, une blanche plus légère, témoins d’un vrai savoir-faire. « On comptait jusqu’à 160 brasseries à la fin du xxe siècle, puis tout s’est effondré, raconte Benoît. Mais depuis les années 2000, les micro-brasseries se sont multipliées… ».

Les coudées franches

Après quelques arrêts au Parc du Cinquantenaire ou près de Sainte Gudule, rendez-vous est pris chez les laborantins du Brussels Beer Project, rue Dansaert. En 2013, Olivier et Sébastien ont fait le pari de « réveiller la bière belge ». On s’y délecte de la Babylone, concoctée à partir de pain fermenté, ou de la Delta IPA, à base de litchi et de fruit de la passion. As du mélange des genres, ils observent ainsi une tradition séculaire. « La diversité a toujours été de mise en Belgique. Il n’y a jamais eu de loi encadrant la pureté de cette boisson, chacun a pu innover dans son coin », détaille Benoît. Pour exemple, la bonne vieille Kriek. « Les producteurs de cerises de Schaerbeek vendaient leur surplus à dos d’ânes sur la Grand- Place, au XIXe siècle. Et les brasseurs ont fait le reste… ». Après quelques levés de coude (modérés….) et anecdotes savoureuses, retour devant la maisonnée du Roi des Belges, qui ne boirait « que de la Maes » selon Benoît. Pour éventer ce secret d’état, il faudra lui demander.

Photo Clément Chopard

Photo Clément Chopard

A LIRE AUSSI : A BOIRE ! L’EXPO SANS MODERATION

Julien Damien

Brussels Beer Bus, départ Place Royale, ven & sam : 14h30, 28€, www.brusselsbeerbus.com

Brussels Beer Projects : www.beerprojects.be

En Stoemelings : enstoemelings.be

Articles similaires