Cinq questions à Luc Piralla

Homère © Hervé Lewandowski

Directeur adjoint du musée du Louvre-Lens, Luc Piralla décrypte avec nous quelques éléments phares de l’exposition consacrée à Homère.

Pourquoi s’intéresser à Homère ? C’est une référence ultra-classique de la littérature, et son récit se situe au fondement de la civilisation occidentale. A travers les âges, il n’a cessé de résonner chez les lecteurs et les artistes, impactant tous les médias (les films, la peinture, la sculpture…). Cette prégnance nous permet ainsi de déployer beaucoup d’œuvres (250) dans un large spectre chronologique, de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui. C’est une signature de notre musée.

Homère a-t-il seulement existé ? Etait-il un poète ou un collectif de poètes ? Ou était-ce une femme, pourrait-on ajouter… En tout cas, vous n’aurez pas la réponse ici, c’est une question insoluble. C’est d’ailleurs fascinant, tout ce qui le concerne est incertain et, en même temps, il est connu de tous et continue d’imposer son empreinte sur les siècles ! Pour citer cette phrase du philosophe romain Saloustios qui clôt l’exposition : « Toutes ces choses n’existent pas, mais elles durent encore ».

Quel est le propos de l’exposition ? Il s’agit de rappeler à quel point l’influence d’Homère fut décisive dans l’histoire de l’art, et cela à toutes les époques. Le parcours confronte par exemple des toiles de Chagall avec un extrait de film des frères Coen (O’Brother), réinterrogeant cette figure d’une actualité permanente. Aujourd’hui encore, c’est un phénomène culturel incontournable.

Portrait de Victor Hugo, Léon Bonnat, 1879, huile sur toile, MuséeComment avez-vous conçu ce parcours ? La scénographie est l’œuvre de Martin Michel et adopte un vocabulaire très particulier, avec des bancs semblant des colonnes, une assemblée des dieux, une peinture très claire, blanche, donnant au parcours cet aspect solaire. Nous avons aussi choisi de représenter ces deux épopées, L’Iliade et L’Odyssée, à travers deux fleuves mis en parallèle. Entre les deux, une trame centrale dévoile cette “homéromanie”, c’est-à-dire cette “folie Homère” qui a traversé les âges, inspirant les artistes, les artisans…

Quelles seraient vos pièces préférées ? Il y a d’abord ce guéridon en micro-mosaïques réalisé par les ateliers du Vatican et représentant le bouclier d’Achille. Il fut offert à Charles X par le pape Léon II, c’est un cadeau diplomatique. Il nous a été prêté par le château de Versailles. J’aime aussi beaucoup le portrait de Victor Hugo par Léon Bonnat. On le connaît tous. En observant bien ce tableau iconique, vous verrez que l’auteur a le code posé sur un gros livre signé Homère…

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Propos recueillis par Julien Damien
Informations
Lens, Louvre-Lens

Site internet : http://www.louvrelens.fr/

Galerie du temps et Pavillon de verre :
Entrée libre et gratuite

Galerie d’expositions temporaires :
Tarif plein : 10€ / 18 – 25 ans : 5€ / – 18 ans : gratuit

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h (dernier accès et fermeture des caisses à 17h15).

Fermé les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

27.03.2019>22.07.2019Tous les jours sauf mardi 10h>18h, 10>5€ , Gratuit -18 ans
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