Home Cinéma Les Crevettes pailletées

Nage libre

Les Crevettes pailletées s’inspire du parcours de Cédric Le Gallo. Membre d’une équipe de water-polo ayant participé aux Gay Games, le sportif en a tiré une comédie, réalisée avec Maxime Govare, qui s’attaque à l’intolérance et l’homophobie. Le film s’amuse des clichés pour mieux nous émouvoir. Une bonne surprise !

Qu’on se le dise, nous ne sommes pas face à un remake opportuniste du Grand bain ! Le scénario a été écrit il y a cinq ans, bien avant la réalisation de Gilles Lellouche. La référence serait davantage Priscilla, folle du désert. Comme le film de Stephan Elliott (1994), Les Crevettes pailletées est un road-movie. Celui-ci nous conduit en car jusqu’en Croatie, où se déroulent les Gay Games, l’équivalent des Jeux Olympiques pour les LGBT. Il est question d’un champion de natation, condamné à entraîner une équipe de water-polo gay, après avoir tenu des propos homophobes. Cédric Le Gallo et Maxime Govare adoptent la structure classique du feel good movie. Mais ils dépassent largement le cadre de la comédie. Si le film s’amuse de certaines caricatures, joue de l’anti-politiquement correct, le drame n’est jamais loin. Derrière chaque personnage haut en couleur, sous les provocations et le mascara, sommeillent autant de fêlures et de tragédies. En ces temps où le rejet de l’autre montre chaque jour sa triste figure, voici un film salutaire. D’autant qu’il n’adopte jamais une posture moralisatrice. Lorsque Kid, la chanson d’Eddy de Pretto, résonne au générique de fin, les réalisateurs ont remporté la partie depuis longtemps.

Grégory Marouzé

De Cédric Le Gallo et Maxime Govare, avec Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul… Sortie le 08.05


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