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Serfs Up !

Domino

À force de les présenter comme une bande d’arrachés camés jusqu’aux yeux et totalement irresponsables (ce qu’ils sont), certains avaient oublié que ces Britanniques sont également capables de coups de génie. Reconnaissons qu’on écoute plus souvent Whitest Boy On The Beach (quatre minutes et quatorze secondes de pure angoisse libératrice) que le reste de leurs albums. Or, ce troisième essai change radicalement la donne. Nourrie des expériences extra-incestueuses de ses membres (The Moonlandingz, Insecure Men…), la Famille détient désormais un savoir-faire insensé. Et conserve une approche déglinguée. Ainsi, entre confessions à mi-voix sur fond de Library Music façon KPM Records (Vagina Dentata), post-punk et proto-techno (Fringe Runner), ballade mélancolique noyée sous les cordes (Oh Sebastian), funk codéiné façon Iggy berlinois (Tastes Good With The Money), le sextette s’approprie tous les genres noctambules. Sommet de ce disque, Rock Fishes, fresque profondément anglaise, de celles jadis admirées chez The Specials. Oui, Fat White Family joue désormais dans cette cour. Et demeure pourtant une bande d’arrachés camés jusqu’aux yeux. Joli tour de force !

Thibaut Allemand
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