Rover - 2011 (c) Julien Pacaud

Quel est votre parcours ? J’ai vécu plusieurs années au Mans, mais aujourd’hui je vis et travaille à Paris comme illustrateur. Je collabore avec différents titres de presse français et étrangers, de L’Express à Society en passant par The New Yorker. J’ai d’abord étudié le cinéma à l’école Louis Lumière, l’un de mes premiers centres d’intérêt artistique. Par la suite, j’ai découvert la création d’images en autodidacte, un peu par hasard. J’ai suivi un stage dans une société où j’ai été amené à manipuler Photoshop, et je me suis rapidement senti à l’aise avec cet outil, que j’ai réutilisé pour des projets personnels.

Comment devient-on “digital collage artist” ? J’ai commencé ce travail d’illustration il y a une dizaine d’années. N’ayant pas de formation artistique ou de compétence particulière pour le dessin, je crée à partir de choses déjà existantes. Ces images sont comme des collages réalisés à la main, mais en plus sophistiqués.

Half Captive-2017  (c) Julien Pacaud

Half Captive-2017 (c) Julien Pacaud

Comment les concevez-vous ? Le plus long, c’est de chercher des images à assembler. Il m’arrive d’acheter de vieux magazines et de les scanner, ou de chercher sur le net des photos anciennes. Toutes les sources sont bonnes à prendre. Cette sélection est surtout guidée par des considérations esthétiques : je m’arrête sur des objets ou des personnages que je trouve beaux. J’ai un goût pour le style des années 1920 aux années 1970. J’aime cet aspect un peu intemporel, ou au moins indéterminé.

Comment définiriez-vous votre style ? Il se situe entre surréalisme et poésie. J’ai besoin de créer des collages représentant des morceaux de fiction, comme si quelqu’un venait filmer dans votre imaginaire. Ces histoires ne sont pas toujours évidentes, mais je ne tiens pas trop à les expliquer, préférant laisser libre cours à l’interprétation de chacun.

Quelles sont vos influences ? Je n’ai pas une culture artistique très développée, mais on peut citer Magritte. C’est un de mes peintres préférés. Les surréalistes des années 1920 et 1930 m’inspirent aussi, comme les pochettes de disques de Pink Floyd. Ces images m’ont beaucoup marqué, je revois encore cette pochette avec deux personnages se serrant la main, sauf que l’un des deux est en feu (ndlr : Wish You Were Here). C’est une sorte de bizarrerie dans une situation banale, et cela correspond pas mal à ce que je réalise aujourd’hui. Je m’inspire enfin beaucoup du cinéma, notamment celui de David Lynch. On y retrouve toujours ce goût pour le bizarre, pour l’anormal. Par ailleurs, je suis fan de la série La Quatrième dimension.

High Rises-2018  (c) Julien Pacaud

High Rises-2018 (c) Julien Pacaud

Pouvez-vous nous expliquer la genèse d’une des images de notre sélection ? Je vais choisir When you Sleep, car c’est la plus ancienne et celle qui a servi de couverture pour mon livre, Perpendicular Dreams. Mon agent m’avait demandé de travailler, dans le cadre d’un projet collectif, à partir de cette chanson de My Bloody Valentine. Voilà comment j’ai imaginé ces personnages la tête enfouie dans des montagnes. En général, quand je commence à travailler sur une image, je ne sais pas où je vais. Et c’est tant mieux !

Quels sont vos projets ? Il m’arrive d’exposer, mais actuellement je m’intéresse surtout à mon nouveau livre de collages, Perpendicular Dreams volume 2. Comme pour le premier, Jean-Christophe Sanchez, que j’ai rencontré à l’école Louis Lumière et avec qui j’ai mené plusieurs projets cinématographiques, signe les textes. La campagne de financement participatif est actuellement en cours sur Kickstarter.

Propos recueillis par Marine Durand

A visiter / julienpacaud.com

A lire / Perpendicular Dreams, Volumes I & II, collages de Julien Pacaud, textes de Jean-Christophe Sanchez, 128 p., 35 € (chaque volume)

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