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Itinéraire d'un enfant terrible

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Qui s’intéresse à la mode se souvient forcément d’Alexander McQueen, créateur génial et turbulent au destin tragique, qui se donna la mort en février 2010 à l’âge de 40 ans. Ian Bonhôte et Peter Ettedgui consacrent à ce bad boy des podiums un documentaire à son image : inventif, insolent et rock’n’roll. Attention, chef-d’oeuvre !

On pouvait tout craindre d’un documentaire retraçant le parcours d’Alexander McQueen. Une hagiographie ou, pire, un film sensationnaliste, à l’instar des tabloïds anglais. Il est vrai que l’histoire du jeune homme s’y prête. Né en 1969 dans un quartier populaire de Londres, Lee McQueen est issu d’une famille modeste. Passionné de mode, le garçon plaque l’école à 16 ans. D’abord tailleur, il devient directeur artistique de Gucci, Givenchy, avant de fonder sa propre maison. Celui qui voyait son art comme « une célébration de la beauté et de la sauvagerie du monde » dévoile alors un royaume étrange. Gothiques et romantiques, futuristes et tribales, ses créations traduisent une certaine violence et un goût pour la provocation.

Drama queen

A la faveur d’images d’archives impressionnantes (interviewes inédites, défilés baroques), on découvre ici un jeune homme tourmenté et malheureux. Très judicieusement, McQueen se divise en cinq chapitres reprenant les titres chocs de ses fameuses collections (Jack l’Eventreur traque ses victimes, Le Viol de l’Écosse…). Porté par la musique de Michael Nyman (compositeur fétiche des défilés du Britannique), le film se révèle un kaléidoscope visuel et sonore, dont la force dramatique évoque les tragédies antiques. C’est le portrait d’une époque révolue comme celui d’un artiste visionnaire, qui se brûla les ailes en s’approchant trop près du soleil.

Grégory Marouzé

Documentaire de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui. Sortie le 13.03


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