6 1/2

RCA / Sony Music

On a mis du temps à s’en rendre compte : Les Innocents, c’est avant tout un dialogue entre deux plumes pop parmi les plus aiguisées de la francophonie (textes, mélodies, arrangements). Les chemins de JP Nataf et de JC Urbain s’étaient longuement écartés pour mieux se retrouver. En résultait une amitié toute neuve sur une Mandarine aux propositions en bataille. Des titres sur lesquels chacun distillait le meilleur de son jus. Ce nouvel album solaire au titre fellinien (6 1/2), semble découler du morceau Sherpa concluant lesdites retrouvailles. Ici, tout semble apaisé, fondu, équilibré. Jusqu’à paraître très sage au premier abord. Mais le charme de ce disque demeure plus profond et insidieux. Entre pop, folk et bossa, ces dix chansons mêlent les deux styles comme jamais, au point de ne pouvoir discerner ce qui vient de l’un ou de l’autre (sauf un Slow #1 qu’on jurerait sorti d’un des superbes solos de JP). Aux tubes immédiats (le très “innos” Apache, les fantastiques Cascades) succèdent ainsi des douceurs entêtantes (Les Îles d’Amnésie, Mon homme). Espérons que ce dialogue ne prendra plus jamais fin.

Rémi Boiteux
Articles similaires