A bout portant

Photographier l'Algérie
Jours intranquilles : Voyage à Sétif (1993-1997)
© Bruno Boudjelal / VU’

Membre de la prestigieuse Agence VU, Bruno Boudjelal demeure une référence de la photographie contemporaine. Il a notamment reçu le prix Nadar, en 2015, pour son ouvrage Algérie, clos comme on ferme un livre ?. Pour autant, cette carrière aurait débuté « par hasard ». Né en 1961 d’une mère française et d’un père algérien, il grandit en Seine-Saint-Denis, « dans une cité improbable ». La trentaine venue, alors guide en Asie, il éprouve le besoin de se confronter à ses racines, près de Sétif. En 1993, il se lance équipé d’un petit appareil photo. « Un ami a insisté pour que je le prenne. A ce moment-là, je n’y connaissais rien, pas même le nom de Cartier-Bresson ! ». Mais ce voyage va changer son destin, et fixer sa pratique. à cette époque, l’Algérie est dangereuse, « en pleine guerre civile ». Il manque de se faire tuer le premier jour. « J’ai vite compris qu’il ne fallait jamais sortir l’appareil ». Contraint à la discrétion et à des lieux sécurisés chez des proches à Alger, Sétif ou Oran, Bruno Boudjelal ne regarde jamais dans le viseur. Ses clichés de scènes quotidiennes, dans un pays alors fermé sur lui-même, détonnent : ils sont flous, décadrés, pris à travers des vitres et, surtout, instinctivement. Sa technique est née. Entre le documentaire et l’autofiction, son travail met en perspective l’intime et l’universel car, dit-il, « ce sont les petites histoires qui font la grande ».

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J.D.
Informations
Tourcoing, Institut du Monde Arabe

Site internet : http://www.imarabe.org/antenne-npdc

Ouvert du mardi au dimanche
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28.02.2019>13.07.2019mar : 13 h > 18 h, mer > dim : 10 h > 18 h, 5 > 2 € / gratuit (-6 ans)
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