Ego Trip

Les-Estivants (c)Ad-Vitam

Après Il est plus facile pour un chameau…, Actrices ou Un Château en Italie, Valeria Bruni-Tedeschi nourrit un cinéma d’autofiction qui lui a, par le passé, pas mal réussi. Son dernier film peine pourtant à convaincre. Explications.

Coécrit avec Agnès de Sacy et Noémie Lvovsky (d’après une pièce de Gorki), Les Estivants nous plonge dans la vie d’Anna. Cette réalisatrice en pleine rupture amoureuse débarque avec sa fille dans une superbe propriété de la Côte d’Azur pour quelques jours de vacances. Très vite naissent des rapports de domination, de confrontation, de désir entre amis et employés de maison… Formée à l’école des Amandiers de Nanterre par le regretté Patrice Chéreau, Valéria Bruni-Tedeschi est une comédienne d’exception. Depuis 2003, elle est également une cinéaste qui raconte des histoires inspirées de son vécu de femme et d’artiste. Si ses derniers longs-métrages flirtaient avec le narcissisme, ils avaient le chic de ne jamais y sombrer, grâce à l’humour. La Franco-Italienne abordait alors des thèmes graves, mais avec légèreté. Ici, hélas, le charme s’est envolé. On rit peu et on s’ennuie ferme devant Les Estivants. La faute à une durée excessive (2 h 08), un rythme défaillant et un cruel manque de fantaisie. Incarnés par des acteurs talentueux, la plupart des personnages n’émeuvent pas et agacent beaucoup. Pour la première fois, Valeria Bruni- Tedeschi tombe dans la complaisance. Pourvu que ça ne dure pas…

Grégory Marouzé

De Valeria Bruni-Tedeschi, avec elle-même, Valeria Golino, Pierre Arditi, Noémie Lvovsky, Yolande Moreau… Sortie le 30.01