Home Cinéma Pearl

Le corps à coeur

© Haut et Court

Pearl, c’est l’histoire d’une femme qui a troqué son rôle de mère pour soulever de la fonte. Après un court-métrage sur la boxe, Elsa Amiel interroge de nouveau la représentation du corps en tâtant du bodybuilding.

Longtemps première assistante réalisatrice (de Raoul Ruiz, Noémie Lvovsky), Elsa Amiel franchit le pas du long-métrage. C’est une série de portraits de femmes du photographe Martin Schoeller qui a aiguillé la Parisienne vers le culturisme, cocktail étrange d’ultra-féminité, de corps démesurés et belle matière cinématographique. Elle assiste alors à des championnats, rencontre les protagonistes de cette scène hors-norme. Le casting dure près de deux ans pour dénicher l’interprète principale. Il s’agit de l’impressionnante Julia Föry, actrice novice continuant de s’entraîner six heures par jour pendant le tournage.

Super-héroïne

Son personnage, Léa Pearl, est une championne qui s’est construit un corps de bête de compétition. Ce sacrifice se lit sur l’épiderme de la bodybuildeuse, à coups de longues focales et de plans serrés. Mais cette athlète est avant tout une femme… désormais aux prises avec la maternité. Alors qu’elle s’apprête à concourir au prestigieux titre de Miss Heaven, son ex-mari débarque avec son fils, qu’elle n’a pas vu depuis quatre ans. D’abord laborieuses, ces retrouvailles laissent place à une complicité quasi animale. Dans les yeux de ce petit homme, sa mère semble une super-héroïne. « Autocréation, transhumanisme, surhumanité sont des thèmes du film », souligne Elsa Amiel. Le huis clos hôtelier, en guise de coulisses du tournoi, demeure le lieu propice à toutes les découvertes pour le garçonnet intrépide – on pense à Danny dans Shining. Au final, Pearl est une œuvre qui bouscule. Une perle.

Selina Aït Karroum

D’Elsa Amiel, avec Julia Föry, Peter Mullan, Arieh Worthalter… Sortie le 30.01

Articles similaires