Thriller ou comédie romantique ? Pour son deuxième essai derrière la caméra, Louis Garrel a refusé de trancher. En résulte un quiproquo sentimental des plus… décalés. car ici, les bons sentiments sont allègrement dévoyés par des gags ubuesques, servis par deux femmes fortes. Merci pour ce moment, comme dirait l’autre.

À la mort de son époux, Marianne voit réapparaître Abel, son premier amant, perdu de vue depuis une décennie. Ce dernier semble bien décidé à la reconquérir, malgré les réticences de son fils, Joseph, et de la sœur du défunt, jolie jeune fille qu’il ne laisse guère insensible… Difficile de classer cette deuxième réalisation de (et avec) Louis Garrel – déjà auteur du très juste Les Deux amis. Et c’est ce qui fait tout son charme. Certes, le film a des airs de thriller hitchcockien, grâce à une Laetitia Casta très convaincante en veuve accusée (à tort ?) par son propre rejeton d’avoir assassiné son mari. Une succession de plans fixes et serrés appuie d’ailleurs l’inquiétante étrangeté du récit.

La mauvaise réputation

L’œuvre détonne surtout par sa légèreté et un ton burlesque. L’Homme fidèle ne se prend pas au sérieux, se jouant avec délectation des clichés des comédies romantiques. Loin de jouer les briseuses de ménage, Lily-Rose Depp campe une harceleuse si pathétique qu’elle en devient (volontairement) risible – on lui doit d’ailleurs les meilleures répliques. Louis Garrel incarne quant à lui un loser. Incapable de prendre la moindre décision, il est tiraillé par les femmes de sa vie. Voilà un joli pied de nez à cette réputation de beau-brun-ténébreux qui lui colle à la peau… Pas si fidèle à son image, en somme.

Mélissa Chevreuil

 


De Louis GarreL, avec lui-même, Laetitia Casta, Lily-Rose Depp… En salle

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