Rebel Rebel

Dévoilé en première mondiale lors du festival du film d’arras, le nouveau long-métrage de Jean-François richet est consacré à Vidocq, natif de la cité de Robespierre. A l’heure où cinéma populaire rime souvent avec médiocrité, cette production prend le pari d’un spectacle enlevé, mais respectant le public.

Après les feuilletons TV puis le nanar de Pitof, Jean-François Richet s’empare à son tour de Vidocq, personnage à hauteur de ses obsessions. Depuis le début de sa carrière, ce Parisien (Ma 6-T va crack-er, Mesrine) n’a eu de cesse de filmer des rebelles. Ce féru d’Histoire ne pouvait qu’être séduit à l’idée de ressusciter ce bagnard devenu chef de la sûreté sous Napoléon Ier. L’histoire ? Laissé pour mort après sa dernière évasion, Vidocq se fait oublier. Injustement accusé de meurtre, il propose ses services à la police, en échange de sa liberté…

A l’ancienne

Ce projet fut porté des années par le scénariste Eric Besnard. Les producteurs Nicolas et Eric Altmayer sont finalement parvenus à le financer, pour le confier à Richet. Spectacle généreux, doublé d’une lecture politique actuelle, L’Empereur de Paris bénéficie d’une superbe direction artistique. Vincent Cassel est un Vidocq habité. En quelques scènes, Fabrice Luchini incarne un Fouché impeccable. Bien que doté d’un budget de 22 millions d’euros, ce long-métrage n’est pas un blockbuster français taquinant les Américains sur leur propre terrain. L’atout principal du film est d’ailleurs là : Richet exhume un 7e art hexagonal disparu (on pense au Cartouche de Philippe de Broca, avec Belmondo). S’il démontre une grande ambition dans sa reconstitution d’époque, il livre une réalisation classique, qui sied bien au sujet. Au final, du cinéma de genre convaincant. Adulte et racé.

Grégory Marouzé
De Jean-François Richet avec Vincent Cassel, Olga Kurylenko, Patrick Chesnais, Fabrice Luchini… Sortie le 19.12
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