Bête de livre

illustration © M. Zut

Rédacteur en chef du Cercle Psy, Jean-François Marmion réunit chercheurs, écrivains, psychologues ou même un prix Nobel pour… étudier scientifiquement la connerie. Une foutaise de plus ? Même pas. De par la variété de ses angles d’approche, ce corpus offre une vision panoramique du sujet – vaste, il faut dire. Ainsi, les champs abordés sont nombreux : linguistiques, physiologiques, historiques… Là réside tout l’intérêt de cette drôle de petite entreprise, qui ne connaîtra jamais la crise. Eh oui, « nous sommes tous des cons en puissance », prévient le neurologue Pierre Lemarquis. Dans cette grande famille, citons le vieux con et son fameux « c’était mieux avant ». à sa décharge, « il est démontré que les souvenirs négatifs s’effacent avec le temps, et que seuls les positifs demeurent », explique le psychologue Serge Ciccotti. En bout de table, on trouve le connard. Celui, par exemple, « qui ignore la file d’attente à la poste, décrit le philosophe Aaron James. Il n’a aucune justification si ce n’est de se sentir riche, beau ou plus malin que les autres ». Le spécimen le plus abouti ? Trump – « le connard suprême ». Mais des remèdes existent. Selon Tobie Nathan, « la culture sert justement à se préserver de la connerie, en donnant des idées complexes au plus grand nombre ». A bon entendeur…

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Julien Damien

Psychologie de la connerie, de Jean-François Marmion (Editions Sciences Humaines), 384 p., 18 €, www.editions.scienceshumaines.com