Indélébiles

(Futuropolis)

Avec Catharsis (2015), Luz tentait de faire son deuil. Dans Indélébiles, on peut parler d’acceptation. Le dessinateur se souvient de ses débuts à La Grosse Bertha, qui allait (re)devenir Charlie Hebdo, de son existence de provincial débarqué à Paris et, surtout, de ses rencontres avec Cabu, Charb, Gébé… Caricaturiste génial mais aussi (on l’oublie trop souvent) maniaque du petit détail planqué dans les coins, Luz ressuscite le Paris des années 1990, glissant çà et là des références nous ramenant très loin en arrière. On croise par exemple Renaud (en Bosnie !), le RPR vu de l’intérieur… Le ton, intimiste, n’exclut pas la bonne grosse marrade (les blagues potaches de Charb) et rend leur humanité aux martyrs. Salutaire.

Thibaut Allemand

320 p., 24 €.

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