No limit

Flic ripou, braquage en combinaison de latex et amours contrariées. Tels sont, dans le désordre, les ingrédients du nouveau film de Pierre Salvadori. Une comédie délibérément foutraque, se jouant autant des codes du policier que de la romance. Déjantée ? Assurément. Réussie ? à voir…

Yvonne, inspectrice de police, se retrouve veuve après la mort en exercice du commandant Jean Santi. Par un concours de circonstances, elle réalise que l’homme qu’elle aimait, célébré comme un héros, se révèle être un imposteur, un ripou. Pire, un innocent croupit en prison depuis huit ans à sa place. Mortifiée, la policière commence à filer cet ex-détenu traumatisé, se faisant spectatrice puis complice de ses comportements de plus en plus transgressifs… Pour les virées destructrices d’Adèle Haenel et de Pio Marmaï, le réalisateur des Apprentis et de Hors de prix ne s’est fixé aucune limite. Colorée, enlevée, la mise en scène sert ce débordement libérateur, questionnant au passage le bien-fondé des normes sociales. Ainsi, quelques gags patauds (une partouze SM, un psychopathe trimballant les restes de sa tante dans des sacs de supermarché) parviennent à nous arracher des rires.

 Célébrer l’imaginaire  

A l’humour sous acide, Salvadori ajoute les grosses ficelles d’une triple intrigue sentimentale… Déclarations qui tombent à plat, dialogues trop travaillés pour être honnêtes. La poésie d’En liberté ! ne réside donc pas dans son écriture. En revanche, les “légendes” sur Santi qu’Yvonne raconte chaque soir à son fils, courtes séquences parodiques façon James Bond, soulignent l’importance de la fiction dans nos vies et, finalement, son rôle d’exutoire. N’est-ce pas aussi la mission du cinéma ?

Marine Durand
De Pierre SalvaDori, avec Adèle Haenel, Pio Marmaï, Audrey Tautou, Vincent Elbaz… Sortie le 31.10
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