L’art de la suspension

Un oeuf sur le point de tomber, un ballon de basket figé en plein rebond, un sac plastique dansant au gré du vent… Qu’ils précèdent un accident, se jouent de nos perceptions ou de la gravité (dans les deux sens du terme), ces moments suspendus sont tous magnifiés par Massimo Colonna. Né en 1986 dans le nord de l’Italie, à Scandiano où il vit encore aujourd’hui, cet « artiste numérique » mêle photographie et 3D pour concevoir des oeuvres aussi surréalistes que minimalistes. « J’aime communiquer avec peu, confie-t-il. Je cherche toujours à obtenir une image nette, sans trop de fioritures ». Le choix d’une palette de couleurs pastel offre « une vision plus douce des volumes, tout en évoquant cette atmosphère méditerranéenne, ajoute le Transalpin. Il s’agit de transmettre une sensation de légèreté mais aussi la chaleur, révélant des espaces où il serait agréable de se promener ». Et même de se perdre ! Inspirés pour certains des bâtiments colorés du Mexicain Luis Barragán ou de l’Espagnol Ricardo Bofill, ces sublimes paysages d’architecture affichent des géométries parfaites. Une harmonie formelle entre les arcs et les lignes que l’Italien prend un malin plaisir à bouleverser. Il ouvre ainsi le champ des possibles en introduisant une note d’humour, un subtil décalage, une ambiguïté. Est-ce un unique drap qui sèche ici dans la moiteur de l’été, sortant du cadre pour mieux revenir en arrièreplan ? A vous de voir mais, sûrement, tout cela ne tient-il qu’à un fil…

Julien Damien
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(c) Paul Garland

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