A fleur de peau

Si les grands rêveurs ont, dit-on, la tête dans les nuages, les personnages de Maja Egli l’auraient plutôt dans les fleurs sauvages. Il faut dire que cette ” designer d’art “, qui parsème ses images de pâquerettes, trèfles et autres boutons d’or, niche au bon endroit. « Je vis en Suisse, entourée des beautés que la nature nous offre, se réjouit-elle. Les montagnes, lacs ou plantes m’inspirent ». Dans ses compositions, la vitalité du végétal, que la jeune femme photographie elle-même, contraste avec l’évanescence des visages en noir et blanc ou aux couleurs fanées. La fusion s’opère ensuite sur ordinateur, confie la Suissesse installée à Zug. Mais d’ailleurs, pourquoi ces gracieuses créatures ontelles toujours le regard dissimulé ? « L’omission des yeux leur donne une dimension mystérieuse, presque magique », éclaire Maja Egli, tout en suggérant de ne pas trop interpréter son travail. « Je cherche d’abord à montrer mon attachement à notre Terre, que nous devrions protéger davantage ». Cette amoureuse de la campagne est pourtant loin d’être déconnectée. C’est sur Instagram, où elle sévit depuis un an, que ses collages floraux ont d’abord fait mouche, avant d’éclore dans différentes revues d’art. Une première pour cette créative au parcours atypique, qui a longtemps oeuvré dans la mode. Indépendante depuis quelques mois seulement, Maja rêve de voir ses images tirées en grand format, et montrées au plus grand nombre. Des lauriers que l’on jugerait ici mérités… sans vouloir lui jeter des fleurs !

Marine Durand
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