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Le revenant

Quel sinueux parcours que celui de Lloyd Cole. Quittant l’Écosse, ce Britannique rêva sa vie durant d’Amérique. Il y partit, y vécut et, face au succès relatif, emprunta de surprenants méandres, jusqu’à cette tournée solitaire et acoustique. En un mot, intimiste.

Dès ses débuts, en 1984, au sein des Commotions, les tubes s’enchaînent (Are You Ready to be Heartbroken ?, Forest Fire, Perfect Skin…). On prédit le succès à ce crooner aux faux-airs d’Elvis. Mais voilà, après deux albums inusables, un troisième, ironiquement nommé Mainstream, fait un flop et la formation jette l’éponge en 1989. Débute l’acte II : l’aventure américaine. Avec des hauts et des bas, des coupes de douilles embarrassantes et de grandes chansons courant après les maîtres (Lou Reed, Bob Dylan). Sans jamais (ou rarement) les atteindre, évidemment. Sans doute Cole a-t-il souffert de ce manque de reconnaissance, même si la jeune garde lui rendit hommage (Lloyd, I’m Ready to be Heartbroken par Camera Obscura, en 2009). Et c’est en se réinventant totalement que Lloyd Cole a passé les années 2000. Qui aurait pu prévoir, par exemple, qu’il collaborerait avec la légende Hans-Joachim Roedelius, âme de Cluster et d’Harmonia ? Depuis une vingtaine d’années, le cheveu désormais blanchi, le chanteur redevient artisan. Privilégie les petites salles avec un attirail réduit (guitares, banjo, mandoline…). Ici, le répertoire se concentre sur la période 1983-1996. De quoi se souvenir de quelques commotions… et autres bleus à l’âme.

Thibaut Allemand
Concert(s)
Lloyd Cole
Lesquin, Centre Culturel de Lesquin
14.10.2018 à 18h0015/9€
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