A son image

Actes Sud

Jérôme Ferrari ne part jamais bien loin de la Corse. Si les premières pages de son septième roman nous plongent en plein conflit yougoslave, c’est pour mieux nous ramener dans l’église d’Ajaccio où l’on célèbre l’office funèbre d’Antonia, l’enfant du pays. Avec l’acuité et ces phrases en accordéon le caractérisant, le Goncourt 2012 déroule l’existence d’une idéaliste. Celle ci se rêve photographe de guerre mais s’enferme dans le conformisme patriarcal propre à sa région. Au fil de la douloureuse messe qui rythme l’ouvrage, on assiste à d’absurdes querelles entre nationalistes. On croise aussi les fantômes de reporters sur les fronts libyens et serbes, fascinés par la puissance d’un média (la photo) dont Ferrari déploie avec grâce la dimension philosophique.

Marine Durand

224 p.,19 €.

Articles similaires