Dancehall

(Columbia Records)

The Blaze évolue sur un territoire house contrasté, entre euphorie et mélancolie. Le tout soutenu par de sacrés clips. En somme, c’est un projet global mêlant sons et images s’écoutant autant qu’il se regarde (un peu à la manière de Woodkid). Guillaume et Jonathan Alric redonnent d’ailleurs ses lettres de noblesse au format vidéo, peu flatté par la qualité depuis la dématérialisation de la musique et le désengagement des maisons de disques. Citons les clips de Virile et surtout de Territory, que le réalisateur oscarisé de Moonlight, Barry Jenkins, considéra comme « la plus belle oeuvre d’art vue en 2017 ». Le premier album des cousins français était donc attendu au tournant. En cela, Dancehall use des mêmes ressorts qui bâtirent le succès de leur EP : une voix autotunée et ténébreuse à souhait, rebondissant sur des basses profondes. On retrouve également ces crescendos parfois vertigineux (Rise), introduisant des rythmes arachnéens tout en piano, synthé et percussions. Au risque de… blaser ? Soyons honnêtes, ces dix titres emplis de langueur (Queens, Breath) et d’hédonisme (Heaven) ne révolutionnent pas le genre, mais demeurent ô combien efficaces – avec ou sans écran.

Julien Damien
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