L'envers du décor

Après des escales à New York, Paris ou Tokyo, l’exposition The World of Tim Burton fait halte à Genk, dans une version taillée pour le centre culturel C-Mine. L’occasion de (re)découvrir le monde foisonnant du cinéaste, dans un bâtiment à l’architecture chargée d’histoire.

Dans la grande famille des fans de Tim Burton, il y a les puristes, vouant un culte éternel à Edward aux mains d’argent ou Batman. Les rêveurs, conquis par Big Fish. Et puis les inconditionnels, qui se jettent sur chaque nouvel opus du réalisateur comme Augustus Gloop sur une tablette de chocolat Wonka. Cet évènement devrait mettre tout le monde d’accord. Il réunit en effet plus de 400 esquisses, peintures, photos, films, figurines et sculptures. Toutes jaillies de l’imagination du Californien, ces pièces reflètent la richesse de son esthétique « sombre, macabre, mais toujours tempérée par l’humour et la tendresse, précise Jenny He, la commissaire de The World of Tim Burton. Généralement, ses personnages de cinéma ont d’abord été des croquis, tracés sur des carnets, des blocs-notes de chambre d’hôtel, des serviettes de restaurant… à l’inverse, comme on le voit ici, il a aussi créé des oeuvres dérivées de ses films longtemps après leur sortie », détaille l’Américaine.


Secrets de fabrication

Le parcours thématique de l’exposition aborde le processus créatif du natif de Burbank sous différents angles. Son goût pour le carnavalesque et les créatures à la morphologie extravagante, oscillant entre comédie et grotesque. Ses influences variées, entre l’auteur de BD Charles Addams et l’acteur de films d’épouvante Vincent Prince. Ses oeuvres de jeunesse, polaroids expressifs et multiples projets de films, livres, séries télévisées n’ayant finalement pas vu le jour. Sans oublier des dessins préparatoires et la place accordée dans son oeuvre à la figure du “paria incompris” – les amants des Noces funèbres, ou encore Sparky de Frankenweenie, pour ne citer qu’eux.

Visite surprise

Comment adapter ce “voyage dans la tête de Burton” aux espaces industriels de l’ancien site minier de Genk ? Jo Klaps, le scénographe, a choisi de concentrer les illustrations dans la galerie, « où l’on peut jouer sur la lumière et la température ». Les installations et pièces en trois dimensions (dont Balloon Boy, un monstre gonflable attachant en tenue de Beetlejuice), se déploient quant à elles dans la salle des machines, sous le regard (sans doute interloqué) des tuyaux et vieux moteurs. C’est aussi là que l’on découvre La Cave, une oeuvre en volume spécialement conçue pour C-Mine à partir d’un croquis de Burton. Gageons que le maître, qui visitera l’exposition fin septembre, appréciera…

Marine Durand
Informations
Genk, C-Mine

Site internet : http://www.c-mine.be

15.08.2018>28.11.2018mar > dim : 10 h > 18 h, 15 > 6 € / gratuit (-6 ans)
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