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Sables émouvants

Sur la plage abandonnée, on n’a pas trouvé de coquillages ni de crustacés, mais de sacrés dessins ! Capturées quelques instants avant d’être englouties par les vagues, ces fresques sont l’œuvre de Sam Dougados, qui balade son râteau télescopique sur la côte basque depuis dix ans. Ce Strasbourgeois d’origine est l’un des principaux représentants du “beach art”, qu’il a découvert via un surfeur californien. « C’est une sous-catégorie du land art, mais aussi un dérivé du street art : on retrouve l’idée d’appropriation de l’espace public, la création d’œuvres éphémères, accessibles à tous ». suite Sam Dougados © DR Fatidma (Tafedna, Maroc) Ils ne sont qu’une poignée sur la planète à imprimer leurs mandalas, feuillages et autres “crop circles” face à la mer. Mais Sam, qui explore sa fibre artistique en autodidacte depuis l’adolescence, y ajoute un travail photographique tout aussi essentiel. « Je ne cherche pas forcément à témoigner de mon dessin, plutôt à saisir la poésie du moment », indique le quadragénaire, qui immortalise ses réalisations sans drone, depuis un point culminant. Les habitués du sud de la France reconnaîtront les environs de Biarritz, principal bac à sable de Sam Dougados.

GalikaMais le “beach-artist” crée aussi hors de l’Hexagone, se laissant porter par le cadre (des mosaïques orientales au Maroc) ou par la nature environnante. Son “best-seller” est pourtant un insolent code-barres, critique frontale de la marchandisation des espaces publics. « Je tente d’éveiller les consciences, pour que les gens portent un regard plus contemplatif sur leur environnement ». Furtives sur la plage, les œuvres de Sam Dougados entrent peu à peu dans les galeries et collections privées, imprimées sur aluminium brossé (ou blanc). Un passage en beauté de l”effet-mer” à la postérité.

Marine Durand
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Bernabe Mendez de l’état de Guerrero est laveur de vitres.
Il envoie 500 dollars par mois au Mexique.