Traits d’esprit

(c) Paul Garland

« La simplicité est la sophistication suprême ». Ces mots de Léonard De Vinci siéent plutôt bien à l’oeuvre de Paul Garland. « Depuis mes débuts, dans les années 1980, je reste fidèle au précepte du Bauhaus : aller à l’essentiel, confie le Britannique. Plus l’image est simple et mieux elle fonctionne, le message passe instantanément ». Nul besoin de se gratter la tête durant des heures pour saisir l’idée véhiculée par cette seringue plantée au coeur d’une cible (servant un article sur l’efficacité d’un vaccin) ou par cette bombe emprisonnée dans un préservatif. Intitulé The Power of Love over Hate, ce dessin est « une réponse aux attaques terroristes perpétrées en Europe. La haine est ici contenue dans l’acte d’amour ». L’épure n’empêche donc pas l’audace, et les illustrations de Paul Garland se distinguent tout autant par leurs couleurs (vives, contrastées) qu’un sens aigu de la métaphore. Ainsi, ces baguettes tenant ces nouilles en forme de canidé nous rappellent avec malice que les Chinois sont entrés dans l’année du chien. Le trait est affûté, le propos futé. Derrière ces créations numériques, il y a toujours un coup de crayon, et pas mal d’heures de réflexion dans la campagne du nord de l’Angleterre où il vit avec sa femme et sa fille – « ma critique la plus sévère ». Récompensé par de nombreux prix, Paul Garland collabore avec des journaux du monde entier, et évoque son métier avec humilité. « Si un spectateur “ressent” quelque chose face à mes oeuvres, c’est un bonus. Mais mon but est surtout de lui demander un peu de son temps. Si je peux l’inciter à lire un article ou s’intéresser à un livre, alors j’aurais rempli ma mission ». Tout simplement.

Julien Damien
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