Frank Santoro

(Éditions Çà et Là)

Après les remarquables romans graphiques Storeyville et Pompéi, Frank Santoro revient avec un récit autobiographique. Dans Pittsburgh, l’Américain décrypte une famille, la sienne, déchirée par les conflits et les silences. Il retrace la généalogie de la séparation de ses parents conjointement à l’effondrement de sa ville. La soul made in Motown, chère à son père, percute ainsi la noirceur d’une cité souffrante. Une instabilité graphique bluffante, où la peinture croise le crayon, sert néanmoins un récit qui progresse des sixties aux années 1990. De la guerre du Vietnam aux récentes crises économiques, les dessins nerveux et effets de collage se livrent avec des jeux de transparence.

Julien Bourbiaux

224 p., 28 €.