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La voie du sentiment

Train de vie © Dialectik

À 88 ans, le sémillant Paul Vecchiali livre coup sur coup deux longs-métrages : Train de vies et Les 7 déserteurs. Mélodrame d’un côté, film de guerre de l’autre, ces œuvres tristes et joyeuses se jouent des rigueurs du genre dans une même recherche de l’émotion.

Franc-tireur du cinéma français, Paul Vecchiali connaît ces derniers temps un retour en grâce marqué par une abondante production et la résurrection en salles de ses grands films des années 1970 (le superbe Femmes femmes, L’étrangleur). S’il n’avait jamais vraiment cessé de tourner, les financements se faisaient rares, et les sorties directement en DVD. Depuis, il semble que le Corse se soit accommodé de la légèreté permise par le numérique. Avec une troupe de techniciens et d’acteurs fidèles, il réalise à toute allure et avec le génie de la pauvreté des films où souffle le vent brûlant du cinéma classique américain, français ou japonais. Train de vies met en scène une femme s’interrogeant au gré des rencontres sur le désir et l’amour. Les 7 déserteurs se penche sur un groupe ayant fui la guerre, chacun jouant à cache-cache avec son identité et ses sentiments dans un hameau en ruine. Une banquette de train, une clairière ponctuée de débris… Il en faut peu au cinéaste pour composer un monde. Vecchiali organise des rondes de personnages où la malice des calembours le dispute aux blessures de l’amour. S’esquisse ainsi, d’histoires avortées en flammes soudain ravivées, une douloureuse morale du plaisir. Et l’émotion de nous emporter au rythme d’une chanson sans âge.

Raphaël Nieuwjaer

Train de vies ou les voyages d’Angélique. De Paul Vecchiali, avec Astrid Adverbe, Paul Vecchiali, Marianne Basler, Brigitte Roüan, Pascal Cervo… En salle

Les 7 déserteurs ou la guerre en vrac. De Paul Vecchiali, avec Marianne Basler, Astrid Adverbe, Simone Tassimot, Pascal Cervo… En salle

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