Home Best of Chroniques Tout ce qui est solide se volatilise

Marshall Berman

(Entremonde)
Marshall Berman, Tout ce qui est solide se volatilise

De la modernité, et de son impact sur nos vies. S’appuyant sur une foule d’écrivains et de penseurs (de Goethe à Mandelstam en passant par Marx ou Baudelaire) le philosophe américain Marshall Berman (1940-2013) sonde les notions de modernité, de modernisme. Ces deux questions étaient souvent vues sous un angle strictement artistique. Berman va plus loin en les rattachant à la vie elle-même. Il s’agit de s’interroger sur ce que signifie vivre dans une métropole moderne. Cette dernière façonne nos lieux de vie, nos déplacements, et avec, nos propres existences. Nous voyageons ainsi du Paris haussmannien (dont les grands boulevards sont des usines à rêves bourgeois qui empêchent toute révolte populaire – impossible d’y ériger des barricades) à un Bronx sacrifié au tout-automobile par l’urbaniste Robert Moses, en passant par Petersbourg décrit par les auteurs russes (Pouchkine, Dostoïevski, Bely, Gogol…). Ainsi, c’est ce mouvement de balancier permanent entre promesse d’un avenir possible et réalité désenchantée que le professeur de sciences politiques et d’urbanisme au City College de New York se proposait de scruter. Cette somme, qui fit date lors de sa parution initiale, en 1982, n’a rien perdu de son acuité.

Thibaut Allemand

504 p., 26 €.

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