Pâle rébellion

Disobedience ©2017 Channel Four Television Corporation, Candlelight Productions

À peine remis du spectaculaire accueil réservé à Une Femme fantastique, Oscar du meilleur film étranger cette année, le Chilien Sebastián Lelio revient avec Désobéissance. Hélas ce drame judéo-lesbien, malgré l’implication de Rachel McAdams et Rachel Weisz, passe à côté de son sujet.

« Les hommes sont libres de faire leurs propres choix ». Ce propos conclut le sermon du grand rabbin Krushka… avant qu’il ne s’écroule, mort, devant la communauté juive orthodoxe de Londres. Ces derniers mots commandent aussi le destin des trois personnages du film. On découvre d’abord Ronit Krushka, photographe installée à New York, de retour le temps des obsèques de son père dans ce monde qu’elle a renié. La jeune femme retrouve Dovid Kuperman, son ami d’enfance, et surtout son épouse Esti, dont les penchants refoulés se réveillent. Ronit et Esti cèdent alors à leur attirance, en dépit des scrupules de cette dernière à désobéir… Ce triangle amoureux et amical occupe l’essentiel de l’histoire, au point de la desservir. Le scénario, tiré d’un roman de la Britannique Naomi Alderman, laisse en effet trop peu de place à d’autres enjeux, telles les souffrances engendrées par l’exil ou la découverte d’un milieu fermé. Loin des sommets d’émotion atteints par La Vie d’Adèle, auquel on pense lors d’une scène de sexe explicite entre les deux femmes, Désobéissance s’attarde sur une romance qui peine à convaincre. Qu’en est-il de la confrontation du libre-arbitre avec la rigidité de la foi ? Ce thème est hélas abordé de façon trop superficielle pour nous convaincre.

Marine Durand

De Sebastián Lelio, avec Rachel Weisz, Rachel McAdams, Alessandro Nivola… Sortie le 13.06

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