À fleur de peau

Francoise Pétrovitch, La fille aux cheveux rouges, 2017, lithographie © Collection de la Ville de La Louvière

Il y a quelque chose de captivant dans les estampes de Françoise Pétrovitch. Une grâce de l’éphémère sous ces mouvements capturés, une impalpable fragilité chez ses personnages poétiques et inquiétants. Jusqu’en septembre, La Louvière célèbre l’oeuvre protéiforme de l’artiste chambérienne. Visite guidée.

Frac, galeries internationales, musées et centres d’art… Françoise Pétrovitch n’en est pas à sa première exposition personnelle. Pour À Vif, et à la demande de la directrice du Centre de la gravure Catherine de Braekeleer, la plasticienne a toutefois rembobiné 20 ans d’un parcours embrassant toutes les techniques, ou presque. Le dessin, bien sûr, « par lequel j’ai démarré ». La gravure, abordée dès l’adolescence, mais aussi le lavis, la vidéo, la sculpture en céramique, et même le son ou l’écriture. «Dès que j’atteins un semblant de maîtrise, vient l’envie de tester de nouvelles choses, de retrouver une position de débutante», relève cette insatiable touche-à-tout.

Étranges créatures

Naturellement, à la Louvière, l’image imprimée se taille la part du lion. Et pour articuler ces différents moments d’une carrière, l’espace tout en longueur (nous sommes dans une ancienne piscine) a été scindé à l’aide de cloisons. Les cellules ainsi créées renferment toutes un pan du monde ambivalent, doux ou effrayant, de Françoise Pétrovitch. Elles révèlent des créatures fugaces mêlant l’homme et l’animal, le masculin et le féminin mais aussi les âges de la vie. Les gravures d’”Après les jeux”, inspirées à la plasticienne par les jouets de ses enfants laissés en désordre, figurent l’extravagantes dînettes et des poupées estropiées par 1 000 aventures. Plus sombres, “Les Nocturnes” nous plongent dans l’incertitude avec ses êtres masqués, et partagent avec les images animées de la vidéo Le Loup et le loup un goût pour le drame.

Le quotidien enchanté

L’étage inférieur est entièrement dédié à la série “Rougir”, constituée de 67 sérigraphies à l’encre écarlate. On y décèle un regard bienveillant sur des scènes de la vie quotidienne, des gros plans expressifs (sur un buste, des mollets) ou la trace d’amitiés adolescentes, héritées peut-être d’un roman de Joyce Carol Oates ou de Marguerite Duras. Des « notes dessinées », en somme, directes, à vif, composées entre 2005 et 2015. Ce projet au long cours répond à une autre facette du travail de l’artiste : trois immenses peintures murales, réalisées spécialement pour le lieu « et dominant celui qui les regarde », complétant la palette d’émotions déjà large suscitée chez le visiteur.

Marine Durand
Informations
La Louvière, Centre de la Gravure et de l'Image Imprimée

Site internet : http://www.centredelagravure.be

du mardi au dimanche de 10h à 18h

28.04.2018>16.09.2018mar > dim : 10h > 18h, 7 > 3 € / Gratuit (- 12 ans)

A vif
La Louvière, Jusqu’au 16.09, Centre de la gravure et de l’image imprimée de la Fédération Wallonie-Bruxelles, mar > dim : 10 h > 18 h, 7 > 3 € / gratuit (-12 ans), centredelagravure.be
A feu
La Louvière, Jusqu’au 16.09, Kéramis,
Centre de la céramique, mer > dim : 10 h > 18 h, mar : 9 h > 17 h, 7 > 5 € / gratuit (-18 ans), keramis.be

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