Lier

(Memphis Industries)

Depuis Imager, son deuxième album, Barbarossa a délaissé le folk acoustique pour les musiques électroniques. Ce compagnon de route de José Gonzales ou de Poliça ajoute désormais à la basse électrique et la batterie ordinateurs et synthés. Dans son nouvel opus, Lier, le chanteur à la barbe rousse livre son œuvre la plus personnelle. Car les choses ont bien changé pour James Mathé : en 2015, il est devenu papa (félicitations !) et a quitté sa terre natale londonienne pour Margate et son bord de mer. Un changement que marque par exemple Cyclone, titre d’ouverture imprégné par ce déménagement et une certaine reconstruction – « From the walls you’re creating », soit “des murs que tu bâtis”, clame-t-il Témoin de cette évolution, Lier est une errance mélancolique, une bal(l)ade fraîche et emplie de solitude. Un recueil de chansons douces enregistré avec James Greenwood, alias Ghost Culture, habitué des clubs et virtuose de la batterie. Le musicien sublime la voix profonde du chanteur et ces deux-là nous plongent dans une quiétude dont on n’a plus envie de sortir. Et si le refrain (trop ?) entêtant, voire redondant, de Feel my Sins nous scotche sur la terre ferme, Shells ou le très éthéré Don’t Enter Fear, nous convient à une douce introspection… Touché !

A.P.
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