Le champ des possibles

De la photo, bien sûr, mais aussi de la vidéo, des installations et même des gifs ou du mapping… Durant six semaines, la Cité ardente réserve huit espaces d’exposition à l’image contemporaine. Accueillant les œuvres d’une quarantaine de (très) jeunes artistes, BIP 2018 fait le pari, iconoclaste par les temps qui courent, de l’optimisme.

En 2016, la Biennale internationale de photographie de Liège devenait Biennale de l’Image Possible. Un nom soulignant l’ouverture aux nouveaux usages et le virage de la manifestation « vers un avenir porteur d’espoir », relève la directrice artistique, Anne-Françoise Lesuisse. De la crise climatique à l’élection de Donald Trump, il y aurait bien des raisons de céder à la morosité ambiante. Au musée de La Boverie, les 12 photographes et plasticiens de Fluo noir, l’exposition centrale (la seule payante) de BIP 2018, « ont pour point commun de créer en même temps qu’ils détruisent ». À commencer par le Roubaisien David de Beyter, qui se consacre à l’étude du “Big Bangers”, une variante du motocross consistant à démolir des voitures pour la beauté du geste. Dans Traum, fiction rétro-futuriste mêlant courts-métrages, clichés et impressions 3D, SMITH saisit les étreintes entre un ingénieur narcoleptique et le fantôme d’un cosmonaute. Quant à Viviane Sassen, doyenne de la troupe du haut de ses 45 ans, elle ravive l’Afrique de son enfance dans ses portraits d’hommes et femmes sans visage, conférant à ses images une aura mystérieuse.

Faire corps

LA FLAMME DOUBLE Sans titre © Guillaume Delleuse © Les BrasseursÀ Liège, la photographie sort aussi de son cadre. Ainsi des Sweaty Sculptures de la Néerlandaise Anouk Kruithof, déployant en volumes et en couleurs une anatomie humaine transpirante. « Le corps tient une place centrale ici », remarque Anne-Françoise Lesuisse. Il préoccupe particulièrement la génération émergente. à l’image de La Flamme double, réunissant huit diplômés de l’ENSP* d’Arles, ou encore d’Ultra Normal, présentant ceux des meilleures écoles belges. Ces jeunes artistes explorent la dimension sociale de nos chairs, en s’intéressant notamment aux métamorphoses au moment de l’adolescence, ou à l’intrusion de la technologie… Enfin, un acteur inattendu s’invite dans cette Biennale : le chat, célébré dans le projet Pussy. Trente créateurs sondent l’omniprésence de l’animal totem d’Internet en exploitant son immense photogénie, un événement qui tombe pile-poil.


* École nationale supérieure de la photographie

Marine Durand
Informations
Liège, Divers lieux, Liège
17.02.2018>01.04.2018Divers horaires, Gratuit (sauf Fluo noir)
Fluo noir
Liège, La Boverie
Fluo noir17.02.2018>01.04.2018mar > dim : 10 h > 18 h, 10 > 5 € / gratuit (retour gratuit)
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