Chardons ardents

Vingt-deux ans, déjà, que Belle and Sebastian (ce nom, tout de même !) divise. Le public, qui a choisi son camp – pour ou contre. Et jusqu’à ses fans, dont la frange puriste indie pop a lâché l’affaire depuis un bail. Tant pis pour eux. Nous sommes fidèles, que voulez-vous.

À la fin du siècle dernier, Belle And Sebastian était désigné par ses détracteurs comme un groupe de boy-scouts pleurnichards adeptes de guitares en bois et de chansonnettes sans relief. Oui, mais c’est aussi pour cela qu’on les aimait, nous. On appréciait ces morceaux fragiles et ténus, cette voix sur le fil, ces accords mineurs pour des chansons devenues majeures dans nos coeurs. On a fait la chasse aux EP, livrés à un rythme régulier et dont les joyaux n’étaient jamais, ô grand jamais, présents sur les albums. On a palabré des nuits sur ces fans de Felt et de Nick Drake, des Smiths et du Velvet – mais aussi de Thin Lizzy et de Michel Polnareff. On a fantasmé des années sur le mystère entourant ces Écossais qui refusaient les interviews. Et puis, peu à peu, le voile s’est levé. Belle and Sebastian a musclé son jeu. Tourné autour du glam rock de T.Rex comme du disco d’Abba. Le papillon sortait de sa chrysalide et, en dépit de beaux albums, se normalisait peu à peu – cessant de sortir des titres inédits. Jusqu’à aujourd’hui. Où la bande de Stuart Murdoch publie coup sur coup trois maxis (réunis ce mois-ci en un seul disque) balayant toutes les obsessions pop modernes de ces songwriters hors pair.

Thibaut Allemand
Concert(s)
Belle and Sebastian + Pictish Trail
Anvers, De Roma

Site internet : http://www.deroma.be

05.02.2018 à 20h0029/27€
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