Home Best of Chroniques Seule sur la plage la nuit

L'affect du cinéma

Tandis que sort sur les écrans français Seule sur la plage la nuit, la Cinematek de Bruxelles a la bonne idée de célébrer Hong Sang-soo. L’occasion de revenir sur une oeuvre contemporaine majeure, où les élans affectifs se révèlent le meilleur moyen de questionner notre rapport au monde.

Les films s’enchaînent au point de se confondre parfois. Depuis 1996 et Le Jour où le cochon est tombé dans le puits, Hong Sang-soo a tourné pas moins de 22 longs-métrages (12 depuis 2010). Cette impressionnante productivité n’est pas fortuite. Elle est le signe éclatant de la liberté qu’il a conquise. Equipe réduite, tournage bref, scénario en partie improvisé… Le Sud-Coréen a trouvé la formule pour s’épargner la lourdeur inhérente à un art industriel. Toutes les occasions semblent ainsi bonnes pour filmer : une invitation au Festival de Cannes, et voilà La Caméra de Claire avec Isabelle Huppert ! Cet inédit est d’ailleurs présenté en avant-première à la Cinematek. Seule sur la plage la nuit se situe lui dans la faille ouverte par une rupture amoureuse. expatriée suite au scandale qu’a suscité sa liaison avec un cinéaste marié, une jeune actrice traverse un moment de flottement existentiel. Seule sur la plage, elle pense à lui… Comme souvent chez Hong, le récit est divisé. Entre Hambourg et la Corée du Sud, le passé et le présent, le rêve et la réalité… De césures en glissements, le spectateur est emporté par un nouveau type de perception. Une forme d’ivresse où la logique ordinaire cède face à l’intensité des affects.

Raphaël Nieuwjaer

Seule sur la plage la nuit : De Hong Sang-soo, avec Kim Min-hee, Seo Young-hwa, Jeong Jae-yeong… Sortie le 10.01

Rétrospective HONg SANG-SOO : BRUXELLES, 18.01> 25.02, Cinematek, 4 / 2 € la séance, cinematek.be


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