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Douceur et hurlements

Depuis septembre, on croise beaucoup Vincent Macaigne. Au cinéma, mais aussi au théâtre avec une double création, Je suis un pays et Voilà ce que jamais je ne te dirai, présentées à Douai. En mettant en scène un monde cauchemardesque, il règle, une nouvelle fois, ses comptes avec son époque.

Pour qui connaît Vincent Macaigne acteur, présenté comme le “visage du nouveau cinéma français”, le découvrir metteur en scène peut surprendre. Des productions modestes (La Loi de la jungle) aux trois millions d’entrées du Sens de la fête, il promène sur les écrans un décalage n’appartenant qu’à lui, figure de l’anti-héros mal à l’aise avec le monde tel qu’il va. Loin, donc, de l’énergie émanant de ses spectacles fougueux – d’aucuns parleront d’hystérie. En 2011, son adaptation sanglante d’Hamlet divisa ainsi le festival d’Avignon. Pour le réconfort, son deuxième long-métrage, est sorti cet automne. On en ressort convaincu que la lutte des classes n’a pas disparu. Car Macaigne raconte sa génération. Celle qui se débat comme elle peut et hurle parfois, comme dans son théâtre. En 2004, c’est un monde post-apocalyptique qu’il décrivait dans Friche 22.66. Deux nouvelles créations surgissent aujourd’hui de cette pièce. Je suis un pays met en scène, entre autres, un tyran populiste, un prophète malgré lui et une émission de télé-réalité délirante. En parallèle, la performance Voilà ce que jamais je ne te dirai propose une expérience troublante de théâtre dans le théâtre. Non, Macaigne n’en a pas fini avec le chaos.

Madeleine Bourgois
Informations
09.01.2018>11.01.201819 h 30 & 21 h, 22>8€

Je suis un pays : Douai, 09 > 11.01, L’Hippodrome, 19 h 30, 22 > 12 €

Voilà ce que jamais je ne te dirai : Douai, 09 > 11.01, L’Hippodrome, 21 h, 10 / 8 €,

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