Home Exposition Guyomard. Rétro & Rock

Peinture endiablée

“Rétro et rock” annonce le titre de cette rétrospective. Encore un hommage à Johnny ? Pas vraiment… Même si Gérard Guyomard partage avec ” l’idole des jeunes” une certaine fascination pour la musique du Diable. Celle-ci traverse joyeusement cette trentaine de toiles, réalisées de 1966 à 2013 par un artiste majeur de la figuration narrative.

Pénétrant dans la villa Way Side, le visiteur est d’emblée frappé par une explosion de couleurs vives. « Elles m’ont sans doute été inspirées par les lumières scintillant durant les concerts », affirme l’octogénaire. Voilà l’une des grandes passions de Gérard Guyomard : le rock. Il transpire par exemple dans cette ode aux Kiss (1987) ou dans J.J.J.M. (2013), bel hommage à Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix et Michalangeolo Merisi, dit “Le Caravage” – « mon peintre et mes rockeurs préférés ». Citons aussi Madonna Rock, où l’on remarque le mot “tache” inscrit en bas de l’oeuvre. Pourquoi ? « Parce que j’avais fait une tache dessus !, explique-t-il dans un éclat de rire. Pour obtenir mes fonds, j’appose jusqu’à 10 couches les unes sur les autres… Il aurait fallu que je restaure tout mais j’ai eu la flemme, alors j’ai écrit ça ». Une anecdote représentative de l’humour dont fait preuve cet autodidacte, mais aussi de sa spontanéité, inhérente à sa façon de composer. « Je pars toujours d’une idée, je trace un dessin puis celui-ci en amène un autre, puis un autre, etc. La fin n’a jamais rien à voir avec ce que j’imaginais au départ ».

A bicyclette

Une technique de superposition des formes poussée à son paroxysme avec Dans l’escalier de la Porte des Lilas (1974). « Dans les années 1960, j’avais choisi la figuration en réaction à l’abstraction. Mais dans le fond je l’ai toujours aimée ! En 1973, j’ai donc commencé à entremêler mes traits pour obtenir une œuvre abstraite, un peu à la Jackson Pollock. Cette toile représente des gens sortant du métro, superposant les silhouettes les unes sur les autres jusqu’à saturation. Il s’agissait de dépasser l’imagerie habituelle de la peinture à l’époque ». On observe aussi, çà et là… des vélos. « Oui, si je n’avais pas été peintre, j’aurais été coureur cycliste. J’ai même gravi le mont Ventoux à 65 ans ! » assure l’artiste, jamais avare de défis…

Julien Damien
Informations
Le Touquet, Musée du Touquet-Paris-Plage
21.10.2017>20.05.2018tous les jours sauf mardi : 14 h > 18 h, 3,50 / 2 € / gratuit (-18 ans)
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