Eloge de l'épure

Le style est aussi épuré que le propos est percutant. En quelques traits ou couleurs, et armé d’un sens de l’humour des plus piquants, Ben Wiseman en dit bien plus que de longs discours, éliminant de ses dessins tous les détails superflus. « Le minimalisme est gage de précision. Je souhaite que l’image et l’idée soient aussi claires que possible », souligne-t-il. à l’exemple de cette tasse de thé fissurée résumant parfaitement le matin difficile de l’après-Brexit, ou de cette tâche de sang laissée sur ce pansement, dont les contours rappellent ceux d’une Amérique malade. Citons encore ce pied masculin écrasant sans vergogne cette main féminine tentant de le rejoindre sur l’échelle (sociale), dans une composition illustrant à merveille les inégalités entre les sexes… Bref, un travail simple et efficace, mais jamais superficiel. Diplômé depuis 2008 de la célèbre école de design Parsons, le New-Yorkais ne s’en cache pas : s’il croque des situations de la vie de tous les jours ou raille la société de consommation, ce sont les sujets politiques qui ont sa préférence. « J’ai eu l’occasion de collaborer avec de grands écrivains et éditeurs qui abordent les problèmes contemporains. Je crée ainsi des oeuvres répondant à des faits d’actualité », explique-t-il. Les médias ne se sont d’ailleurs pas trompés : Ben Wiseman a signé des couvertures pour des titres prestigieux comme le New York Times, Time, Newsweek, Le Monde... et aujourd’hui votre magazine préféré !

Julien Damien
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