Home Cinéma Battle of The Sexes

Jeu, set et machos

20e Century Fox Film Corporation

Battle of the Sexes, c’est le nom du match de tennis qui opposa, en 1973, la numéro un mondiale Billie Jean King à Bobby Riggs, ex-champion masculin de 25 ans son aîné. Valerie Faris et Jonathan Dayton (coréalisateurs de Little Miss Sunshine, Elle s’appelle Ruby) retracent cette aventure exaltante qui fit beaucoup pour l’égalité hommes-femmes, dans le sport comme ailleurs.

Au début des années 1970, l’Américaine Billie Jean King, 29 ans, règne sur le tennis féminin. Tout juste victorieuse du tournoi de Los Angeles, elle déboule en furie dans le bureau de l’organisateur, Jack Kramer : sa récompense est huit fois moins importante que celle offerte au vainqueur masculin. Le promoteur, et un aréopage de vieux mâles blancs fumant le cigare, lui rétorquent que les joueuses, moins fortes physiquement, produisent un tennis moins excitant qui mobilise moins les foules. Rires gras et airs satisfaits. CQFD.

Avantage King

Les deux réalisateurs consacrent la majeure partie de leur 3e film de fiction au tournoi de Virginia Slims, créé par King avec huit autres championnes montant au filet contre les inégalités. Cette “Battle of the Sexes” cherche surtout à montrer que les femmes « méritent le respect ». Son issue est presque secondaire. Après tout, le résultat de ce match suivi par 90 millions de téléspectateurs est connu : King, bien préparée, écrasa en trois sets Riggs, autoproclamé “porc machiste “. Outre une délicieuse reconstitution des seventies, cette épopée féministe nous emporte grâce à un casting sans faute. Tandis qu’Emma Stone brille dans ses habits d’icône, Steve Carell endosse parfaitement le rôle du bouffon accro aux paris et aux projecteurs. En double, Dayton et Faris ne sont définitivement plus des outsiders.

Marine Durand

De Jonathan Dayton et Valerie Faris, avec Emma Stone, Steve Carell, Andrea Riseborough… En salle

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