Home Exposition Georges Rousse

L'illusionniste

Georges Rousse investit l’ancienne Banque de France de Lens avec une première exposition attendue. Détournement de fonds se compose ainsi de deux installations monumentales in situ et d’une rétrospective photographique. Rencontre avec le maître de l’anamorphose.

« J’aime l’idée de mémoriser les lieux abandonnés. D’en conserver une dernière image poétique avant qu’ils ne disparaissent ». La voix ténue de Georges Rousse domine à peine le froissement des papiers protégeant les immenses photos en cours d’accrochage. L’artiste est de ceux qui en disent plus avec les yeux qu’avec les mots. Alors que ses fascinantes anamorphoses continuent d’arpenter la planète, du Népal au Chili, il a posé ses pinceaux, le temps d’une escale, dans l’ancienne Banque de France de la cité minière. Ici, un cercle se dessine au milieu des parois tapissées de milliers de journaux internationaux aux images noircies – clin d’oeil aux monochromes de Malevitch. Là, un disque rouge baigné de lumière par des panneaux japonais, à la rencontre duquel s’élance un comptoir de bois incurvé. Telles des sculptures immatérielles, ses créations jouent avec les perspectives. Ces trompel’oeil s’étalent sur les murs, le sol, le plafond et se révèlent au spectateur au fil des pas. Façonnée en relief, l’oeuvre devient alors une image… en deux dimensions.

La poésie de l’espace

Comme souvent, cet endroit a été révélé au plasticien via une commande de la ville. Il est vrai que pour Georges Rousse, exposition rime avec intervention. « Je suis régulièrement sollicité pour poser le premier geste, esquisser les pistes d’un futur possible ». Funambule ou magicien, il se joue du vertige de cet instant en suspens, attendant la reconversion ou la destruction d’un lieu. « Petit, les architectures en ruines étaient mes terrains de jeux. Après les avoir longuement photographiées, j’ai décidé d’en faire autant d’ateliers éphémères ». Il s’imprègne de la configuration singulière de chaque site et de leur histoire pour en livrer une version poétique et spatiale. Son oeuvre, unique, repose enfin sur une tension constante entre l’intérieur et l’extérieur. « C’est comme si je surplombais la ville, je m’imprègne des rumeurs qui me parviennent par les fenêtres brisées d’où entrent et sortent les oiseaux de passage ».

Informations
Lens, Ancienne Banque de France
16.09.2017>30.12.2017mar > sam : 10 h > 19 h, dim : 11 h > 18 h, 4 / 2 € / gratuit
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