Une convention dans le vent

Cela fait des décennies qu’un groupe de garçons mobilise des milliers de fans autour d’une musique atemporelle. Vous les avez reconnus ? Il s’agit bien sûr de… Alain Cardon, Bernard Maton et tous les autres membres du Beatles Day – qui d’autres ? Depuis 30 ans, cette convention montoise célèbre John, Paul, George et Ringo à travers moult concerts, expositions, conférences… Rencontre avec le chef de la bande.

Alain Cardon avait 12 ans lorsqu’il a découvert les Beatles. « J’écoutais le hit-parade de Radio Luxembourg sur mon transistor. Comme ils étaient toujours premiers, je devais me coltiner tous les autres avant de les entendre ! » Plus de 40 ans ont passé, mais sa passion pour les Fab Four est intacte – même s’il ne les a jamais rencontrés ni vus en concert. Le premier titre qu’il a entendu ? She Loves You. Son préféré ? Strawberry Fields Forever« mais il y en a des tas d’autres ! » Ce qui le fascine tant chez ce boys band ? « Avant tout leur joie de vivre communicative, et puis l’harmonie de leurs morceaux, des voix, du tempo… Ils n’ont certes pas inventé le rock mais l’ont sublimé ».© Beatles Day

Un amour inconditionnel, donc – mais pas jusqu’à écouter Obladi Oblada en boucle, un titre qu’il exècre… L’ancien greffier leur a d’ailleurs dédié des pin’s, un spectacle de marionnettes en patois (Biloutlesmania), un livre (Helter Skelter Days) et même un jour complet : le Beatles Day. Cette convention rassemble chaque année plus de 2 000 visiteurs et 70 exposants à Mons. Elle compte aujourd’hui parmi les plus importantes d’Europe. Au programme ? Des concerts bien sûr, donnés par quelques-uns des meilleurs “tribute bands” de la planète (tels les Brésiliens de Clube Big Beatles), mais aussi des conférences, des livres, la sacro-sainte foire aux vinyles et un bazar d’objets en tous genres : coupures de presse, photos, figurines, cravates…

© Marcel Vanden BemdenConcordance des temps

Marqué par les anniversaires, le rendez-vous de 2017 s’annonce exceptionnel. La 30e édition du Beatles Day répond effectivement au 50e anniversaire de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Sorti le 1er juin 1967, le huitième album du quatuor est un jalon décisif dans l’histoire du rock. Il est donc beaucoup question du Sergent Poivre dans cette programmation. Outre les reprises de Lucy in the Sky with Diamonds ou de A Day in the Life, on découvre une exposition sur le psychédélisme, racontée à travers une centaine de pochettes de disques : des “scarabées”, de Jimi Hendrix, des Doors…

Et puis, l’air de rien, on célèbre aussi le 60e anniversaire… de la naissance des Beatles eux-mêmes ! Eh oui, Lennon et McCartney se sont rencontrés en 1957, plus précisément le 6 juillet, au sein de la St Peter’s Church à Woolton, un quartier de Liverpool. « C’était à l’occasion de la fête paroissiale. John donnait un concert avec son groupe, les Quarrymen, et Paul était dans le public… ». Rod Davies, copain de lycée du futur mari de Yoko Ono et membre de cette formation de skiffle, fut le témoin privilégié de cette première entrevue (autant dire du Big Bang). Il en raconte ici les moindres détails lors d’une conférence immanquable.

Julien Damien

Mons, 14.10, Théâtre Royal, 10 h > 00 h, 25 > 17 € / gratuit (-12 ans), beatlesday.eu

A lire / Helter Skelter Days, Alain Cardon, 320 p., 12 €

A écouter / Give More Love, de Ringo Starr (2 titres de McCartney inclus). Paru le 15.09

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