Voyage au bout de l'ouïe

Attention, événement ! Le Louvre-Lens s’intéresse à la musique dans l’Antiquité. Instruments antédiluviens, papyrus, vases, sculptures… Près de 400 pièces esquissent le paysage sonore de quatre civilisations majeures : l’Égypte, l’Orient, la Grèce et Rome. Parés pour un voyage de cinq millénaires en arrière ?

Ça commence comme un bon film policier. Le point de départ fut la découverte, entre 2002 et 2005, de vestiges de harpes dans la nécropole de Dra Abou el-Naga, à Louxor en Egypte. «« Je les ai comparés à d’autres pièces conservées dans des musées, raconte Sibylle Emerit, Egyptologue et co-commissaire de cet accrochage. C’est ainsi que j’ai rencontré Hélène Guichard, conservatrice au département des Antiquités égyptiennes du Louvre, et que l’idée d’une exposition est née ».  Le projet s’est alors élargi à l’Orient, la Grèce et Rome, lui donnant une ampleur inédite. Thématique, le parcours se divise en 16 sections, dévoilant des objets pour certains jamais vus. « Cela va des sceaux-cylindres mésopotamiens jusqu’aux sarcophages romains, en passant par des vases grecques, des papyrus de notation musicale et des instruments très bien conservés ». Telle cette harpe angulaire égyptienne remontant aux Xe ou VIIIe siècles avant J.C.

Sons inédits

Autant de pièces hétéroclites témoignant de « l’omniprésence » de la musique dans les sociétés anciennes. On l’utilisait par exemple dans les rites de naissance et de mort,  sur les champs de bataille (pour stimuler les soldats, transmettre des messages) ou « pour attirer l’attention des dieux », comme le montre cette stèle représentant le chanteur Djedkhonsouiouefânkh (une star en son temps) jouant devant Rê-Horakhty (945-715 avant J.C). Les « sons du pouvoir » révèlent eux la place des mélodies dans les différentes cours royales, « où les musiciens étaient de véritables fonctionnaires ». Avant que les Grecs et les Romains n’organisent « de grands concours musicaux avec la création des théâtres et odéons où ils s’affrontaient sur scène, un peu comme d’aujourd’hui. L’empereur Néron s’y était lui-même produit ». Cerise sur le gâteau : on peut entendre ce que percevaient nos ancêtres grâce à un exploit de l’Ircam. L’Institut de recherche et de coordination acoustique/musique a en effet réalisé « des copies virtuelles de cornua, ces fameuses trompettes romaines de Pompei, délivrant un son assez brut. C’est énorme ! ». On reste bouche bée, et tout ouïe.

Julien Damien
Informations
Lens, Louvre-Lens

Site internet : http://www.louvrelens.fr/

13.09.2017>15.01.2018tous les jours sauf mardi : 10 h > 18 h , 10 / 5 € / Gratuit (-18 ans)

© Patricia CunhaÀ voir aussi à Lens

De passage à Lens, allez donc flâner dans le centre-ville. Au départ du Louvre, la Yellow Brick Road invite à une balade colorée sur le thème du Magicien d’Oz. Puis direction la rue de la Paix où se matérialise l’Umbrella Sky, installation constituée de milliers de parapluies, tandis que Georges Rousse investit l’ancienne Banque de France avec ces fameuses anamorphoses.
Umbrella Sky : jusqu’à mi-octobre // Yellow Brick Road : jusqu’à mi-octobre // Détournement de fonds : jusqu’au 30.12, tourisme-lenslievin.fr, lensvillehote.fr

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