Les noirs et les rouges

(Folio Policier)

Derrière ce titre stendhalien, se cache un autre roman d’initiation. Celle de Stefano Guerra, étudiant fasciste durant les années de plomb italiennes. Si cette décennie fut déjà contée, ce fut le plus souvent du côté des rouges. Ici, Garlini (Un Sacrifice italien, 2008) suit le parcours d’un militant d’extrême droite, devenu meurtrier “par hasard” ou presque. La force de l’auteur est d’éviter tout manichéisme et de se situer, durant 900 pages, au plus près de son (anti) héros. On perçoit alors, derrière le geste bravache et la nostalgie de Mussolini, les efforts désespérés d’un jeune homme perdu qui trouve réconfort dans la fraternité virile et la violence. Est-il pardonnable ? Là n’est pas la question. Trouvera-t-il la rédemption ? C’en est une autre.

Thibaut Allemand

928 p., 9,80 €.