L’effet aquatique

Mária Švarbová a d’abord suivi des études d’archéologie, avant de se consacrer entièrement à la photographie, en 2010. Ses expositions et son style épuré, minimaliste, ont tapé dans l’oeil de prestigieux clients comme Vogue, Forbes ou The Guardian. La série qui nous occupe a été initiée en 2014. La plupart des clichés ont été pris dans la piscine de Malacky, élevée dans les années 1930 aux abords de Bratislava « à une époque où la natation était plus un rite social qu’un plaisir ». Le décor idéal pour cette artiste slovaque pas encore trentenaire, qui affectionne les architectures et espaces publics typiques de l’ère socialiste. Elle joue ici avec les lignes, la symétrie, l’effet miroitant de l’eau, les formes géométriques, la lumière et les couleurs pour créer des tableaux aux teintes pastel et saturées. Ceux-ci sont traversés par des nageuses figées dans des postures absurdes, prêtes à plonger ou en pleine brasse. Elles ressemblent à des mannequins sans expression ni émotion. Ces “femmes-automates” s’insèrent dans des compositions éthérées, déshumanisées, traduisant la solitude et l’isolement des êtres, noyés dans des environnements stériles. Minutieusement mises en scène, ces images sont très peu retouchées et obtenues après de longues séances. « Je prends généralement près de 300 photos pour n’en conserver qu’une ». Se dégagent ainsi de ces saynètes une sensation de froide sérénité, plongeant le spectateur dans une réalité autre, un espace-temps indéterminé entre passé et futur. Un rêve coloré et chloré.

Julien Damien

A visiter :  www.mariasvarbova.com

Expositions

Miami – 28.09, Leica Store, leicastoremiami.com

New York – 01.10, 4501 Gallery, 4501gallery.com

A paraître : Swimming Pool, Mária Švarbová, New Heroes and Pioneers, thenewheroesandpioneers.com

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