Lignes de fuite

Au Japon, près de 100 000 personnes “s’évaporent” dans la nature chaque année. En France, elles seraient 10 000 à organiser leur “disparition volontaire”, pour échapper à des problèmes ou se construire une nouvelle identité. De quoi piquer la curiosité de Lara Ceulemans, qui interroge ce phénomène dans La Beauté du désastre, créé à Mons.

La Beauté du désastre a d’abord été le projet de fin d’études de Lara Ceulemans. La Bruxelloise de 25 ans s’est bien documentée avant d’entrer dans le vif du sujet. « Disparaître de soi, du sociologue David Le Breton, s’intéresse à ces gens qui décident de tout quitter du jour au lendemain. Cela m’a semblé un bon moyen d’aborder les thèmes de la rupture et du déchirement de l’homme contemporain », raconte cette diplômée du Conservatoire royal de Mons (2015). Pour cette deuxième mise en scène, elle s’est entourée d’anciens camarades et enseignants. « Chaque comédien a travaillé sur sa vision de la disparition, avant que l’auteur Thomas Depryck n’organise ces réflexions ». Bande-son jouée en direct, création vidéo répondant au jeu des acteurs : Lara Ceulemans n’imaginait pas le spectacle autrement que pluridisciplinaire. L’intrigue, elle, se résume en quelques mots. Après avoir flirté avec une femme qui n’était pas la sienne, Adrien disparaît et démarre une vie d’ermite. Bien que quelques pistes soient suggérées, « on ne connaît jamais les raisons précises de sa décision ». Libre à chacun de l’interpréter en fonction de son rapport « à la fuite, à la solitude ou à la société ».

Marine Durand
Informations
Mons, Maison Folie Mons
25.04.2017>27.04.201720h, 15>9€
Bruxelles, Théâtre national

Site internet : http://www.theatrenational.be

09.05.2017>13.05.201720 h 30 (sf mer : 19 h 30, 20>11€