Bonne mine

« Je ne sais rien faire d’autre que dessiner », avoue Helena Frank. On en conviendra en jetant un oeil à ce portfolio : ce n’est déjà pas mal, non ? Cette Suédoise s’est installée au Danemark pour suivre des études à la prestigieuse école de cinéma de Copenhague. « Mais après avoir reçu mon diplôme de directrice d’animation, je me suis découverte illustratrice et n’ai jamais fait machine arrière ». Pourvu que ça dure ! Elégantes et narratives, ces images sont obtenues avec une technique des plus sophistiquées : un crayon et du papier ! Très détaillées, « elles sont parfois surréalistes mais toujours ancrées dans le quotidien ». Telle cette scène, dans le train, où un papy enquiquine son jeune voisinage avec un ghetto blaster. « Oui, l’anticonformisme reste l’un de mes sujets favoris ». Ses compositions se distinguent aussi par leurs couleurs sourdes. « J’utilise cette palette afin de souligner mon tracé ». On notera que ses personnages sont souvent affublés de têtes d’animaux – « c’est ce que m’inspire la figure des gens ». Mais pourquoi sont-elles énormes ? « Je ne sais pas ! Je m’efforce de ne plus les réaliser ainsi mais c’est plus fort que moi, confie-t-elle. Sans doute suis-je avant tout intéressée par les visages. Ou alors, mon sens des proportions est complètement foireux ! ». Non, cette artiste ne manque pas d’humour. C’est d’ailleurs l’un des ingrédients essentiels de son oeuvre. « Les idées sont tellement plus faciles à partager lorsqu’elles sont drôles. Sinon, cela devient prétentieux ». Et contrairement à ses créatures, Helena n’a pas la grosse tête.

Julien Damien
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