Des visages, une figure

Pas de carnaval de Binche sans masque de Gille ! Au matin du mardi gras, ils sont près d’un millier à défiler le visage dissimulé derrière cette figure ronde à lunettes, lors d’une parade toujours très impressionnante. Mais d’où viennent-ils ces masques ? Eh bien d’un petit atelier d’à peine 15 mètres carrés, situé près de la Grand-Place de la cité wallonne.

C’est une technique artisanale unique. Une succession de gestes précis se répétant depuis quatre décennies avec la même passion. Pour résumer : trois bouts de cotons d’une quarantaine de centimètres de côté sont successivement tendus sur un moule en bronze à l’effigie du bonhomme. Ils sont ensuite encollés, chauffés puis démoulés avant d’être trempés dans la cire. Ne reste alors plus qu’à les peindre : ses lunettes rondes, sa petite moustache façon Napoléon III… et voilà notre masque de Gille !

Géo Trouvetou

Une méthode bien rôdée donc, et mise au point par un homme : Jean-Luc Pourbaix. Il faut dire que, sans le Binchois, cette tradition aurait bien pu disparaître….« Avant la Seconde Guerre mondiale ces masques étaient réalisés en Suisse, puis dans une usine française, à Saumur. Mais dans les années 1970 celle-ci est passée au plastique pour une question de rentabilité, si bien que plus personne n’en concevait », explique le septuagénaire. Alors il a repris le flambeau, établissant de A à Z un nouveau protocole de fabrication. Ainsi, depuis 1975, la maison Pourbaix est la seule au monde à réaliser le précieux accessoire, dont le modèle demeure protégé par l’Office européen des brevets. Désormais retraité, Jean-Luc peut compter sur son fils, Christophe, pour prendre la relève. Ce sont ainsi près de 600 pièces qui sont conçues ici chaque année. Alors… à vos masques !

Julien Damien

Pourbaix Création, Avenue Charles Deliège 28, 7130 Binche, +32 (0) 64 33 41 11 fr-fr.facebook.com/pourbaix.creation