Electron libre

Mine de rien, le 16 octobre dernier, Anders Trentemøller fêtait ses 42 ans. Ce n’est pas vieux. Ce n’est plus tout à fait jeune non plus : à cet âge, le King fit son dernier aller simple vers la salle de bains. Il est d’ailleurs question de rock, de vagues et de froid dans le dernier album du Danois.

L’ancien petit prince d’une electro minimale, spatiale et léchée revient à ses premières amours. Après tout, ado, Anders Trentemøller tenait la guitare au sein d’un groupe de rock – comme tous les teenagers de l’époque devenus électroniciens depuis. Nous ne sommes donc pas vraiment surpris par Fixion, son quatrième album studio en dix ans. En revanche, on reste soufflé par la qualité des chansons, à la fois hommage à New Order, Siouxsie et The Cure (l’un de ses premiers morceaux s’intitulait The Forest, d’ailleurs). Ici, épaulé par sa guitariste de compagne (Lisbet Fritze, des excellentes Giana Factory), par la divine voix de sa compatriote Marie Fisker et par celui, trop démonstratif, de Jehnny Beth (l’imposture Savages, vous voyez ?), le Danois livre une oeuvre générique (entre pastiches et reprises déguisées) et personnelle – car il s’empare de ces sons pour en livrer sa propre version.

Melting-pot

Une question – toujours la même – demeure : comment transposera-t-il tout ceci sur scène ? Sera-t-il accompagné de musiciens ou avancera-t-il seul ? On lui fait confiance : on a croisé Trentemøller dans à peu près toutes les situations (en club et en “grandes” salles, en live comme en DJ-set), et le natif de Vordingborg s’en est toujours sorti haut la main. Ce sera également un melting-pot dans le public, où devraient se croiser plusieurs générations de mélomanes aux oreilles grandes ouvertes.

Thibaut Allemand
Concert(s)
Trentemøller
Bruxelles, Ancienne Belgique

Site internet : www.abconcerts.be

23.01.2017 à 20h0030/29€
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(c) Sesse Lind