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Cendrillon au pays des vélos

Jean Bellorini, Répétitions de La Cenerentola © Simon Gosselin

Nouvelle production de l’Opéra de Lille, La Cenerentola ou Le Triomphe de la bonté, de Rossini, est mise en scène par Jean Bellorini. Il donne à voir sur le plateau des machines, des vélos et un univers onirique qui caractérise son travail. L’une des représentations est diffusée gratuitement sur la place du Théâtre de Lille et dans neuf villes de la région, le 14 octobre. Populaire, on vous dit !

Il y a la Cendrillon de Charles Perrault, celle des frères Grimm (et son lot de pieds coupés) puis celle de Disney, avec sa citrouille et sa pantoufle. Celle de Rossini perd un bracelet plutôt qu’une chaussure, a un beau-père et non une belle-mère, mais rencontre bien un prince charmant. Pour sa nouvelle production, l’Opéra de Lille fait appel à Jean Bellorini, habitué au théâtre, qui a présenté Karamazov d’après Dostoïevski au festival d’Avignon 2016 et s’essaie « pour la première fois » à une oeuvre lyrique. « Tout est différent ici. Pour moi qui travaille avec des acteurs fidèles, le changement le plus important consiste à découvrir des chanteurs », commente le directeur du Théâtre Gérard-Philipe (Saint-Denis). Jean Bellorini a aussi pour habitude de composer la musique. Là, « il n’y a pas cette place ». Mais peu importe : « C’est dans les contraintes qu’on trouve les libertés ».

Répétitions de La Cenerentola © Simon Gosselin

Répétitions de La Cenerentola © Simon Gosselin

Drame comique

Et quelles libertés ! Sur scène, il déploie une vaste machinerie, soutenue par des effets de lumière pour « composer des gros plans en direct, à travers divers prismes », conférant ainsi un aspect cinématographique au conte. Les chanteurs pédalent sur des vélos, souvent dans le vide. « Ce qui me touche ici, c’est l’équilibre entre la nostalgie de Cenerentola et la nécessité vitale de joie (…). Hurler de joie est un antibiotique nécessaire aujourd’hui ! ». Cette oeuvre de Rossini est perçue par le metteur en scène comme « un divertissement au sens noble du terme, quelque chose de bénéfique pour l’humanité ». La collaboration avec le chef d’orchestre italien Antonello Allemandi laisse ainsi une place au rire. Ensemble, ils recherchent l’équilibre entre le drame qui se noue et l’humour propre au facétieux compositeur italien. Et Jean Bellorini de citer Ariane Mnouchkine, avec qui il a travaillé : « Le rire, c’est la tragédie déguisée ».

Marie Tranchant
Informations
Lille, Opéra

Site internet : http://www.opera-lille.fr

04.10.2016>17.10.2016lun, mar, jeu et ven : 20 h, dim : 16 h, 69>5€

Diffusion en direct et gratuite à 20h : Valenciennes, Le Phénix // Dunkerque, Le Bateau Feu // Lomme, maison Folie Beaulieu // Armentières, Le Vivat // Roubaix, La Condition Publique // Saint-Omer, La Barcarolle // La Scène du Louvre Lens // Arenberg, Arenberg Creative Mine // Hirson, cinéma le Sonhir