La mécanique du coeur

Réparer les vivant © E.Carecchio

Sylvain Maurice, directeur du théâtre de Sartrouville, adapte Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, le récit bouleversant d’une transplantation cardiaque. Le titre du roman, tiré lui-même d’une réplique du Platonov de Tchekhov, attirait déjà ce texte sur la scène. Opération réussie.

Depuis 1959, on peut être mort avec un cœur qui continue de battre. C’est le cas du jeune Simon, dans le coma suite à un accident de voiture. De son côté, Claire, la cinquantaine attend un palpitant pour ne pas mourir : c’est celui de Simon qui la sauvera. Réparer les vivants est une histoire intime mais à portée universelle. Elle se déploie sur 24 heures, un sprint durant lequel il s’agit de prendre les bonnes décisions : accepter la mort et un prélèvement d’organe d’un côté, redonner espoir, prolonger la vie via une greffe de l’autre. Une famille brisée est ainsi plongée dans un monde médical soumis à bien des protocoles. Sur scène ? Un dispositif dépouillé repose sur un tapis roulant sur lequel évolue Vincent Dissez, acteur en perpétuel mouvement. Il est encadré par un portique sur lequel trône le musicien Joachim Latarjet. Les pulsations de la lumière, des bruitages et de la musique rythment les mots du comédien. Celui-ci incarne quasiment tous les personnages et entraîne les spectateurs dans sa course effrénée. Adapter au théâtre un roman aussi puissant tenait du défi. Sylvain Maurice le relève haut la main, avec cette adaptation qui trouve le ton juste, portée par une interprétation saisissante.

Patricia Gorka
Informations
Béthune, La Comédie de Béthune

Site internet : http://www.comediedebethune.org

27.04.2016>29.04.201620h, 20 > 6 €
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