(c) Chapman Baehler

La scène se déroule dans Polonium, talk-show bâclé sur Paris Première. Michel Onfray : « Je ne connais pas très bien ce groupe, Eagles of Metal, là… Je ne suis pas très au fait du hard rock. » Natacha Polony, l’air entendu : « c’est du death metal ». Hein ? À quel moment Hanouna, Finkielkraut et mon coiffeur sont-ils devenus experts de ce groupe ? Le Bataclan, bien sûr. Depuis le 13 novembre 2015, évoquer Eagles of Death Metal c’est forcément évoquer la tragédie. Et nos rednecks sont devenus les hérauts de la liberté d’expression, d’un mode de vie, voire de la civilisation occidentale. Rien que ça.

NRA – Évidemment, passée l’émotion (et un duo avec U2, l’horreur), des p’tits malins ont ouvert les archives : Jesse Hughes, leader de la bande, est un toxico amateur de porno et membre de la NRA. C’est vrai. Mais où est le problème ? De Johnny Ramone à Neil Young (qui fut pro-Reagan), de Metallica à Ted Nugent, le rock n’a pas toujours été affaire d’intellectuels. mieux, quelques gros lourdauds ont signé d’excellents disques. sans le massacre, on aurait évoqué, en vrac, The Stooges et Cheap Trick, The Rolling stones et Thin Lizzy. Un rock’n’roll jouisseur. Bas du front pour se rapprocher du pelvis car, soyons sérieux : Eagles of Death Metal souhaite juste composer la BO parfaite d’une ballade en pick-up vers le prochain bar topless, une caisse de bières dans le coffre. Ni héros, ni fachos, Eagles of Death Metal se fout d’à peu près tout. Et c’est très bien comme ça.

Thibaut Allemand
Concert(s)
Eagles of death metal
Lille, Le Splendid
07.03.2016 à 20h00annulé
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