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Saint patron des jouets

Michel Moggio, Directeur Général de la FJP

La hotte du Père Noël risque d’être encore bien lourde… S’il y a un secteur qui se porte à merveille, c’est bien celui des jouets. En 2014, il s’en est vendu 224 millions en France. Comment évoluent-ils ? à quoi servent-ils ? Nous avons tendu notre micro en plastique à Michel Moggio, directeur général de la Fédération française des Industries Jouet – Puériculture*. Et il en connaît un rayon…

Quel est le profil du jouet d’aujourd’hui ? Il marche sur deux jambes : d’un côté on trouve les jouets traditionnels qui, à chaque Noël, reviennent sous le sapin (Lego®, Barbie®, Playmobil ®, etc.). De l’autre il y a ceux qui sont connectés, interactifs. Un ours en peluche, aujourd’hui, a de fortes chances de discuter avec vous !

Comment cela ? On peut le relier au web, lui apprendre des choses. C’est la grande évolution : la technologie permet aux jouets de prendre vie. Il répond à des questions, lit des livres, sollicite l’enfant… Des propriétés un peu magiques !

Quelles seront les grandes tendances de Noël 2015 ? Les robots-animaux se démocratisent, il y a aussi les appareils-photos numériques, les tablettes pour enfants, les drones… C’est le coté “imitation des parents”. Les jeux de construction marchent toujours bien.

Zoomer

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Qu’en est-il des jeux de société ? Quand j’ai débuté dans ce métier il y a 25 ans on m’a dit : « avec le jeu vidéo, tout cela va disparaître ». Mais ils sont toujours là car ils permettent à la famille de se rassembler.

Le jouet se porte bien, donc… Oui, quasiment la moitié des jouets sont nouveaux chaque année. C’est un marché d’inventeurs. Les fabricants ne dépendent pas seulement des licences, beaucoup sont devenus des créateurs de contenu, avec leurs designers, scénaristes… Hasbro par exemple a créé un dessin animé, Mon Petit Poney, sans parler de sa série Transformers.

Les jouets vendus en France sont-ils sûrs ? Qu’ils soient fabriqués en France ou en Chine, ils obéissent aux mêmes standards de qualité fixés par une directive européenne, et doivent afficher le logo CE. C’est l’un des produits de consommation les plus contrôlés. Les marques se soucient de la sécurité car le moindre incident peut avoir des conséquences dramatiques pour elles.

Pour autant, n’y a-t-il pas des failles ? Il y a des produits non-conformes qui peuvent débarquer ponctuellement en Europe. Mais le jouet reste très surveillé par les douanes (la Task Force Dragon). Elles saisissent chaque année des références importées frauduleusement. (ndlr. En décembre 2014, la T.F.D. a détruit plus de 20 000 jouets ne respectant pas les normes de sécurité en vigueur, et importés de Chine via la Belgique).

Meccano-Tech Meccanoid G15

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Comment cette sécurité est-elle assurée ? C’est de l’autocontrôle. Généralement, le fabricant passe par des laboratoires agréés qui lui fournissent les certificats nécessaires, qui seront ensuite soumis au distributeur. Sinon, pas de mise en rayon !

Quelle est votre définition du jouet ? C’est l’outil qui permet à l’enfant de transcender les moments de plaisir. Il est souvent considéré comme “quantité négligeable”. Or la pédopsychiatrie ou la psychologie démontrent que l’enfant acquiert énormément de compétences en jouant.

Dans quels domaines ? En psychomotricité, développement de l’imaginaire et sociabilité… Aujourd’hui il y a une reconnaissance de la valeur du jeu dans le cursus de l’enfant – y compris par l’Education nationale. On entretient les “esprits joueurs”, plus créatifs, mieux adaptés à notre époque. C’est notre mantra : le jouet c’est sérieux !

* Syndicat professionnel qui représente les sociétés françaises ou filiales de sociétés internationales installées dans l’Hexagone. Elle compte une centaine d’adhérents, soit 80% des ventes de jouets en France.


Le jouet ne sent pas le sapin

Le marché français pesait 3,3 milliards d’euros en 2014. Le deuxième en Europe derrière le Royaume-Uni. « Il est soutenu par une bonne natalité. En France, on compte chaque année sur 800 000 nouveaux arrivants », selon Michel Moggio. Depuis 2008-09, ce secteur progresse en moyenne de 2% par an, et cela partout en Europe. « C’est un budget très protégé. Les adultes se privent, mais pas leurs enfants ». Les produits fabriqués en France ne représentent toutefois que 7% des ventes dans l’Hexagone : 2/3 des jouets importés viennent d’Extrême-Orient (citons la Chine) et 1/3 d’Europe (d’Allemagne et de République Tchèque notamment).


Robot Astronaut automatic actions, métal et plastique, de marque DAIYA (Japon), 1950-1960 © Musée du Jouet de Ferrières

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Propos recueillis par Julien Damien

A visiter : www.fjp.fr  www.jouercestlavie.fr

A voir : En 2016, Kidexpo fêtera ses 10 ans ! 20 > 24.10.2016, Paris, Porte de Versailles

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